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Tout un revirement pour nos placements!

Business man looking with the telescope from the top of cliffs stands at the edge in risky position. Making investments, since new start up concept illustration

Illustration Adobe Stock

Ça regardait mal à pareille date l’année dernière. Souvenez-vous, on invoquait tous les saints pour que s’arrête la fonte de nos placements, on allait implorer la clémence de notre prêteur hypothécaire.

Qui aurait cru alors que des maisons en bordure de la 640 feraient plus tard l’objet de surenchère, que matante Germaine allait s’initier aux plaisirs de la spéculation boursière ?

Tout un revirement, en moins de deux printemps ! 

Petit bilan de 12 mois pas ordinaires. 

1. On ne s’en serait pas sortis tout seuls 

Si l’édifice a tenu le coup, c’est grâce à l’action concertée des banques centrales et des gouvernements, qui ont baissé les taux d’intérêt et déversé des centaines de milliards dans l’économie. C’était presque beau à voir, même les créanciers ont accepté de reporter les paiements hypothécaires.

Insistons sur le caractère tout à fait exceptionnel de cette vaste opération de sauvetage. Ne vous méprenez pas, il ne faut pas y voir le signe d’une nouvelle ère de bienveillance ou de solidarité, mais tout bonnement un réflexe de survie, et pas la vôtre. 

Les institutions ne s’émeuvent pas de nos problèmes personnels, elles interviennent lorsqu’elles sont elles-mêmes menacées. On n’a pas voulu sauver les gens, mais l’économie. 

Alors, gardez à l’esprit que la journée où vous vous retrouverez seul dans la misère, on ne vous enverra pas un chèque de Prestation canadienne d’urgence (PCU). Et la banque ne vous fera pas de cadeau. 

Conseil : le coussin de sûreté, ce n’est pas une lubie de planificateur financier. Non seulement il s’avère utile, mais il permet de rester plus serein quand la situation se corse. Et il n’empêche pas de profiter de l’aide gouvernementale quand elle passe.

2. Bourse, d’une émission à l’autre 

Mardi prochain, le 23 mars, sera le premier anniversaire du creux boursier de la pandémie. Ce n’était pas plaisant, ça pissait le sang de partout. Cette journée-là, les marchés boursiers terminaient une chute de plus ou moins 40 %, selon les indices. Ils touchaient le fond, mais on ne le savait pas. Rappelez-vous, vous vouliez sortir de là !

Après avoir conjecturé sur la forme que pourrait prendre la reprise (en U, en V, en W, en L...), on a tous été surpris par la vigueur du rebond (en V). On n’aurait su le prédire, mais on s’entend sur une explication, après coup : des taux d’intérêt si faibles que les investisseurs (les gros) ont préféré concentrer leur argent sur le marché boursier.

Contre toute attente, la bourse a connu une année 2020 positive. Plus que ça, elle s’est terminée sur un fond d’exubérance qui tranchait avec l’ambiance qui régnait quelques mois plus tôt. 

Cette frénésie n’a cessé d’être alimentée depuis par des personnes pour qui la spéculation est devenue un moyen de tuer l’ennui. 

Beaucoup d’investisseurs ont perdu de l’argent il y a 12 mois. Et le club des perdants a fait le plein de nouvelles recrues récemment... 

Conseil : si vous avez tout misé sur quelques titres portés par la vague, prenez des profits et diversifiez votre portefeuille. Et allez jouer dehors.

3. Une bulle dans l’immobilier ? 

La grande question du moment : y a-t-il une bulle dans l’immobilier ? Car ce marché, il a été aussi perturbé par la pandémie. 

On ne doit pas forcément voir une bulle là où les prix s’emballent, quoique les hausses de valeurs auxquelles on assiste dans l’immobilier n’ont plus rien de très rationnel. 

Que se passe-t-il donc ? 

D’abord, trop de monde croit qu’il pourra faire du télétravail la majorité du temps une fois les mesures sanitaires levées, alors ces gens ne voient plus d’inconvénients à s’exiler, disons, à Saint-Lin, dans les Laurentides. Mais les vendeurs se font rares, et je comprends les propriétaires de Saint-Lin de s’accrocher à leur maison : on le dit aux nouvelles, partir à la recherche d’une place où se loger, c’est la galère. Il y a aussi les taux d’intérêt, qui sont très bas. À leur niveau actuel, ils augmentent drôlement la capacité d’emprunt, une capacité que les acheteurs n’hésitent pas à utiliser pour surenchérir, avec tous ces prétendants qui s’agglutinent devant le premier bungalow à vendre. 

Prédiction : contrairement à ce qu’ils peuvent penser, ces acheteurs ne s’enrichiront jamais avec leur maison. 

Conseil : pourquoi ne pas attendre un an ou deux avant de migrer loin de la ville ? L’achat d’une maison n’est pas une décision financière banale. Pourquoi établir ce choix sur une situation qui n’a rien de normal ?