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Cri du cœur pour sauver un programme pour la schizophrénie

Un regroupement de 70 psychiatres et professionnels de la santé réclament au gouvernement de sauver un programme de surveillance éprouvé pour traiter la forme la plus sévère de schizophrénie. 

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Dans une lettre adressée aux ministres Christian Dubé et Lionel Carmant dont TVA a obtenu copie, ils affirment qu’ils sont «privés de leur liberté professionnelle» et que «leur opinion scientifique et médicale est niée» par le gouvernement. 

Le 7 mars dernier, des psychiatres lançaient un véritable cri du cœur pour sauver l’accès à un programme lié au médicament clozapine. 

Depuis, leur demande au gouvernement est restée lettre morte.

Le traitement à la clozapine, un médicament d’exception pour traiter la forme la plus grave de schizophrénie, doit être accompagné d’un programme de surveillance. Avec le projet de Loi 92, les psychiatres ne pourront plus diriger les nouveaux patients vers le programme de soutien du fabricant et devront les diriger vers celui des formulations génériques.  

«Ça nous empêche d'avoir accès à la souplesse d'un système de surveillance en place depuis 25 ans avec lequel les professionnels sont habitués de fonctionner», explique le docteur Jean-François de la Sablonnière, psychiatre au CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Malgré les demandes répétées, le gouvernement refuse de considérer la clozapine comme une exception dans la loi. Pourtant, conserver le programme actuel se ferait à coût nul selon le regroupement de psychiatres. 

Une situation que s’expliquent difficilement les signataires de la lettre, dont le docteur de la Sablonnière. «La clozapine est un médicament qui a certaines particularités, certains enjeux de dangerosité qui nécessitent un suivi médical bien coordonné. Là, on va tout complexifier. On n'a pas besoin en ce moment de complexifier l'accès à la clozapine. Au contraire, on a besoin de le libéraliser et de la faciliter», explique-t-il, ajoutant que les patients traités à la clozapine sont parmi les plus vulnérables. 

Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on nous a répondu par courriel que «des versions génériques de la clozapine sont inscrites sur les listes de médicaments depuis plusieurs années. De nombreux patients utilisent déjà l'une ou l'autre des versions génériques avec le même niveau de qualité de soins». On ajoute qu’il n’y a aucune entrave à son utilisation par les médecins. 

Pourtant, l’accès au programme de surveillance est bel et bien menacé. «Notre démarche a mobilisé plus de 70 professionnels, dont 34 psychiatres. On a du soutien, ce n'est pas marginal. On continue de demander aux ministres de faire bouger les choses. C'est à coût nul pour le gouvernement», ajoute le docteur de la Sablonnière.