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Maison Jacynthe reconnue coupable d'exercice illégal de la médecine

L’entreprise de la comédienne Jacynthe René a bel et bien pratiqué illégalement la médecine en donnant des conseils sur l’irrigation du côlon dans deux vidéos mise en ligne, a tranché la cour ce matin tandis que la femme a rapidement tenté de dédramatiser l’affaire.

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« Les défendeurs laissent supposer à toute personne raisonnable qu’ils peuvent diagnostiquer des maladies ou prodiguer des traitements pour les soigner et ce faisant commettent un exercice illégal de la médecine », a affirmé sans détour la juge Nathalie Duschesneau ce matin au palais de justice de Montréal.

Pour la magistrate et tel que l’affirmait le Collège des médecins, Maison Jacynthe, le naturopathe Christian Limoges ainsi que sa clinique, L’Aube, ont « agi de façon à donner lieu de croire [qu’elle] est autorisée à faire un acte réservé [aux médecins] ».

Deux vidéos     

Les infractions qui leur étaient reprochées remontent à 2018, quand la comédienne avait mis en ligne deux vidéos concernant l’irrigation du côlon. D’un ton assuré, on y voit M. Limoges parler à Mme René de divers problèmes de santé. Dans un langage médical, le naturopathe explique alors les causes de ces problèmes, avant de suggérer à plusieurs reprises un traitement.

« C’est poser un diagnostic, a dit la juge. Le ton assuré et affirmant pourrait laisser croire qu’il a autorité pour suggérer un traitement. »

Lors du procès, Jacynthe René avait témoigné, affirmant qu’elle n’avait jamais eu l’intention de se faire passer pour une médecin. Des avertissements étaient également visibles sur son site web.

Or, malgré toutes ses bonnes intentions, elle a quand même donné des conseils et des recommandations dans les deux vidéos Facebook en cause.

« Elle ne s’est pas limitée à son rôle de simple animatrice, a constaté la juge. Elle est consciente des limites permises, mais force est de constater qu’elle les a dépassées. »

La magistrate a toutefois précisé que le procès ne se penchait que sur les deux vidéos, et non sur le modèle d’affaire de la comédienne, dont l’entreprise prône une bonne santé et le bien-être.

« Relativiser »     

Peu après le verdict, Jacynthe René a mis en ligne une vidéo pour tenter de minimiser la gravité de l’affaire.

« Je souhaite dédramatiser la situation, on a bel et bien reçu un ticket, il faut juste relativiser », a-t-elle dit.

Elle rappelle par la suite avoir produit des centaines de vidéos, et que seules deux d’entre elles sont litigieuses. La comédienne dit ensuite avoir « démêlé » ce qu’elle peut dire ou pas, tout en se disant désolée d’avoir commis une faute pénale.

« J’espère travailler en étroite collaboration avec le Collège des médecins pour savoir comment vous présenter la salade, entre autres, sans dépasser la loi », a-t-elle affirmé.

Maison Jacynthe reviendra à la cour en mai, pour la sanction à imposer. Les amendes peuvent aller jusqu’à 62 500 $ quand un individu est déclaré coupable, tandis que le montant est doublé pour les entreprises.