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Masques N-95: le gouvernement Legault a reçu une «gifle juridique», selon QS

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) rend obligatoire le port des appareils de protection respiratoire N95, ou supérieurs, pour tous les travailleurs en zone tiède dans tous les milieux de santé.

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Mardi, un juge du Tribunal administratif du travail (TAT) a tranché: considérant le risque important de transmission aérienne de la COVID-19, Québec aurait dû appliquer le principe de précaution en fournissant des masques N-95 aux travailleurs de la santé en contact avec des personnes infectées ou potentiellement porteuses par la maladie à coronavirus.

Début février, le gouvernement avait effectué une volte-face à la suite d’un nouvel avis de la CNESST et fournissait dorénavant un masque de protection N-95, parmi les plus performants, à tous les travailleurs de la santé, mais seulement en zone chaude.

«Depuis le début de la crise sanitaire, la CNESST est restée vigilante au sujet de l'évolution des connaissances scientifiques sur le mode de transmission du virus par aérosol», peut-on lire dans un communiqué diffusé par l’organisme mercredi.

«Des réunions sont en cours entre la Santé publique et la CNESST afin d’opérationnaliser le jugement rendu», a indiqué plus tard le ministre de la Santé, Christian Dubé.

«Le gouvernement a suivi les recommandations de ses experts. Il n’y a aucune politique à faire avec la protection du personnel. C’est notre priorité», a-t-il ajouté.

Ce dernier doit toutefois présenter des excuses officielles aux travailleurs de la santé après avoir reçu une «gifle juridique» dans le dossier des masques N-95, estime le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon lui, le gouvernement Legault a ainsi failli à sa tâche de protéger les travailleurs de la santé.

«La décision politique de mal protéger a été prise par Christian Dubé, Danielle McCann (ex-ministre de la Santé) et François Legault (premier ministre). C’est ces gens-là qui doivent rendre des comptes, c’est ces gens-là qui doivent s’excuser», a-t-il martelé.

Selon le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, le jugement rendu mardi remet en question le travail des experts de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), selon qui le port du masque chirurgical était suffisant pour les travailleurs en zone tiède.

«[...] En présumant qu'un masque chirurgical avait la même valeur de protection qu'un N95 puis que c'est ça qu'on a communiqué aux travailleurs, mais que ce n'était pas vrai, il y a des réponses qui vont devoir être fournies par l'INSPQ», a-t-il expliqué.

Pour la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, cet épisode démontre l’importance pour le gouvernement de se renseigner auprès de plusieurs sources scientifiques et non pas seulement l’INSPQ.

«Tu as l'INSPQ, tu as des experts, tu as des employés sur le terrain, tu as la population qui t'envoie un message, a-t-elle insisté. Tu as la responsabilité de regarder l'ensemble de ce qui se produit et de prendre des décisions en conséquence.»

Après un an de pandémie, plus de 10 600 Québécois sont morts de la COVID-19, dont 18 travailleurs de la santé et des services sociaux.