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Comment spéculer à la Bourse sans y laisser sa chemise

Illustration Adobe Stock

On va se le dire : investir comme il faut, c’est ennuyeux. Il faut se montrer patient et laisser le temps faire son œuvre.

Pour ceux qui ont peu de temps à consacrer à leurs placements, on recommande l’achat de quelques fonds négociés en bourse (FNB) qui couvrent l’ensemble du marché. 

Et pour mettre du piquant dans le mélange, on peut ajouter des actions de banques et de compagnies de chemin de fer, et s’y accrocher...

Avouez-le, ça semble aussi palpitant qu’une vieille reprise de Terre humaine.

Si vous voulez construire votre portefeuille en sélectionnant vous-même vos titres, alors il vous faudra fréquenter assidûment les médias spécialisés, vous inscrire à des lettres financières, consacrer quelques soirées à lire des états financiers et des rapports annuels.

Oui, c’est plus fastidieux et moins distrayant que de suivre Elon Musk sur Twitter. 

Et pendant ce temps-là, le train passe : on manque le party Tesla, la rumba Bitcoin, le buzz du pot... On se prive de tout le fun !

On peut être un investisseur discipliné et rangé, tout en s’écartant un peu de la voie et avoir droit à un peu de folie !

Derrière son attitude stoïque, le plus sérieux des investisseurs ressent lui aussi des émotions. Il ne le dira pas, mais il envie au moins un peu les gains de l’amateur fraîchement débarqué en Bourse, comme s’il entrait au casino.

L’irrépressible désir de spéculer 

J’ai beau avoir la certitude que la valeur boursière de Tesla n’a pas d’allure, que les bonds du Bitcoin reposent sur du vent, il y a des moments où je regrette de ne pas en avoir. 

Il se trouve des actifs comme ça qui s’apprécient sans raison particulière, sinon l’humeur du moment, et cette humeur est palpable. Elle ne demande qu’à être saisie. Il ne reste plus qu’à surfer un peu sur la vague.

C’est de la pure spéculation boursière. Qu’entend-on par là ? Cela consiste à miser sur un titre avec le pressentiment qu’il va monter. 

Rien d’autre. 

Gros risque 

Avec ça vient le risque de se tromper, très élevé et parfois douloureusement coûteux.

Le problème, ce n’est pas la spéculation en soi, c’est de la confondre avec l’investissement, une activité de longue haleine, beaucoup moins excitante.On doit savoir ce qu’on fait, et pour quoi on le fait. 

Voilà l’important. C’est comme jouer à la loterie, c’est pour le fun, pas pour assurer ses revenus de retraite. 

Conseils   

Miser une partie du portefeuille 

L’argent consacré à la spéculation, il faut être prêt à le perdre. Il fait partie du budget discrétionnaire, au même titre que l’enveloppe destinée aux vacances. 

Cela veut dire que tout le reste doit être en ordre et isolé. Un petit compte de placement pour le plaisir peut servir de soupape et empêcher de prendre des risques trop importants avec son épargne-retraite. 

Je n’ai rien contre l’idée de faire ses premiers pas en Bourse de cette manière, quand on est jeune. Ça fait partie de l’apprentissage. Les bons investisseurs individuels ont souvent débuté de manière téméraire avant de s’assagir.