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Réseaux sociaux et animaux: dangereux mélange pour des élus, qui quittent la politique

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Plusieurs élus municipaux lancent la serviette, épuisés notamment par le climat haineux qui circule sur les réseaux sociaux. 

À l’instar de la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, aux prises avec l’épineux dossier de la surpopulation de cerfs dans au parc Michel-Chartrand, Jean-François Parenteau, maire sortant de l'arrondissement de Verdun, à Montréal, a aussi vécu des turbulences liées à la question animale il y a quelques années. Dans son cas, ce sont des castors qui ont engendré la foudre des internautes.   

Écoutez les entrevues de Jean-Francçois Parenteau et Philippe Roy à l'émission de Caroline St-Hilaire:   

On l’a affublé de tous les noms: «tueur de castors, insensible, sans cœur».

«J’avais le groupe de la protection des animaux à travers le monde, jusqu’à la Californie. Je recevais des centaines de courriels par jour et je me disais: c’est complètement dément, il faut relativiser les choses et tu te sens seul là-dedans», a-t-il raconté au microphone de Caroline St-Hilaire sur QUB radio, vendredi.

L’élu avait déjà joué dans le même film dans le dossier des chiens pitbulls.

«On devient un peu comme le paratonnerre de l’exaspération sociale. Maintenant, les commentaires sont très virulents, très directs. Souvent, on va te parler comme si tu étais le dernier des imbéciles», a ajouté Jean-François Parenteau, qui tire un trait sur la politique municipale après deux mandats.

«C’est très clair que depuis à peu près deux ans, le ton a changé sur les médias sociaux et c’est rendu très difficile pour les élus de faire leur travail», a indiqué pour sa part Philippe Roy, maire sortant de Mont-Royal.

Après 16 ans en politique municipale, l’élu va lui aussi tirer sa révérence en novembre. Les groupes de pression et les citoyens sont beaucoup plus mobilisés aujourd’hui, estime-t-il. Parallèlement, l’appétit pour les faits vérifiables semble avoir diminué.

«Ce n’est pas normal que certains de nos résidents, qui sont souvent des gens éduqués, préfèrent aller chercher l’information auprès de sites complètement fous que d’aller à l’hôtel de ville », a-t-il conclu.