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Le Québec s’apprête à vivre un été fou de sport et de rénovation

Young woman running in the park. Active person outdoors at the dusk in summer

Photo Adobe Stock

Les Québécois s’apprêtent à vivre un deuxième été sans pouvoir voyager à l’international. Si leurs habitudes de consommation ont beaucoup changé à l’été 2020, à quoi peut-on s’attendre cette année ?

« C’est l’année 2, on est moins naïf, on a appris pendant l’année 1, l’expérience est rentrée », assure Jean-Guy Côté, le nouveau directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), qui représente les détaillants québécois. 

Jardinage, aménagement paysager, rénovations, quincaillerie, articles de sport... les détaillants ont été pris d’assaut l’an dernier. Les ventes ont augmenté de 91 % dans les pépinières et la hausse a été de 32 % dans l’achat et l’entretien de vélo, par exemple, selon Moneris, firme qui gère les transactions par cartes de crédit et de débit.

« Ce serait surprenant qu’il y ait une grande augmentation par rapport à 2020, mais ça va se maintenir », croit M. Côté. 

Selon lui, les détaillants ont prévu le coup et ne devraient pas se faire surprendre comme l’an passé, notamment pour les articles sportifs comme les vélos ou l’équipement d’entraînement à domicile. 

Cependant, encore cette année, « pour certains articles de sport, certains fournisseurs ont plus de misère », indique M. Côté en parlant des vélos. 

« Il n’y a pas plus de dépenses, c’est juste qu’il y a un déplacement des dépenses. C’est assez prévisible », assure le DG du CQCD. 

Autre histoire dans la rénovation

Si Jean-Guy Côté se montre confiant en la capacité des détaillants de répondre à la demande des Québécois, c’est une autre paire de manches dans le secteur des quincailleries et de la rénovation. 

« Les Québécois vont vouloir rénover, mais pourront-ils le faire autant qu’ils le veulent ? » se demande Richard Darveau, président de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT).

Il cite bien sûr l’augmentation des prix, qui frôle les 30 % juste pour 2021. « Ça pourrait ralentir les ardeurs », dit-il.

Un sondage mené par la firme Léger pour le compte de l’AQMAT en janvier indique par ailleurs que les gens comptent rénover encore davantage cette année. Si le budget moyen en 2020 était de 8700 $, il est passé à 11 300 $ cette année. 

« Ça ne dérougit pas dans nos magasins », dit-il au sujet des 855 quincailleries qu’il représente, que ce soit les grandes surfaces comme RONA ou les petits commerces de quartier. « On fait le point aux trois jours, et tous les chiffres sont au plafond », ajoute-t-il.

Une chose est sûre, conclut M. Darveau : « Il faut être plus créatif, plus patient et aussi mettre la main plus profondément dans sa poche. »


Que feront les Québécois cet été ? Le Journal a questionné des consommateurs et des détaillants afin d’établir les tendances de consommation pour la saison chaude qui s’annonce. Dans certains cas, il faudra s’armer de patience avant de profiter de ses achats.

La frénésie du vélo se poursuit  

Patrick Beausoleil, propriétaire de Cycle Beausoleil, roule à plein régime dans son atelier de la Rive-Sud de Montréal.

Photo Chantal Poirier

Patrick Beausoleil, propriétaire de Cycle Beausoleil, roule à plein régime dans son atelier de la Rive-Sud de Montréal.

Il faut mettre au moins 600 $ pour se procurer un vélo neuf actuellement, selon Patrick Beausoleil, de Beausoleil Cycle, sur la Rive-Sud de Montréal. 

« Des bicycles pas trop chers, il n’en reste presque plus déjà », dit cet ex-coureur cycliste qui est dans le domaine du vélo depuis 40 ans. 

Rien de nouveau, puisqu’il a été largement rapporté depuis un an à quel point les achats de vélos ont beaucoup augmenté et comment les détaillants peinent à répondre à la demande. 

« Tout est en retard parce que les fabricants de pièces comme Shimano n’arrivent pas à fournir, c’est un problème mondial », explique l’expert. 

Il n’a reçu que la moitié de sa commande pour la saison estivale, comme beaucoup d’autres détaillants à qui Le Journal a parlé. 

« Les gens viennent nous porter des dépôts pour être certains d’avoir un vélo cet été », dit-il. S’il constate un engouement pour le vélo, « c’est encore plus fou pour les vélos électriques », assure-t-il, qui se vendent entre 2000 $ et 4000 $.

Les terrains de golf comme havres de paix  

Dany Viens s’est remis au golf en 2020 et a même réussi le premier trou d’un coup de sa vie !

Photo courtoisie

Dany Viens s’est remis au golf en 2020 et a même réussi le premier trou d’un coup de sa vie !

Quoi de mieux que de se remettre au golf en pleine pandémie pour profiter du beau temps ? 

C’est ce que Dany Viens, 48 ans, a fait l’an dernier, après des années à avoir délaissé les verts. 

« J’ai joué beaucoup, étant donné que c’était une des seules affaires qu’on pouvait faire », dit-il. Il a investi environ 2000 $ dans sa saison. 

Cette année, il compte bien rejouer autant, toujours au Club de golf Coaticook, qui a été le premier terrain du Québec à lancer la saison, cette semaine. 

« On a été plein toute la journée, on a reçu 239 golfeurs », disait jeudi le directeur général du club, Yves Breton. 

Tous les terrains de golf ont connu une augmentation en 2020, insiste son confrère André Raymond, du Club de golf La Tempête, dans la région de Québec. 

« Et si je me fie à mes collègues de l’Ouest canadien, qui sont en avance sur nous côté température, ce sera encore mieux cette année », ajoute M. Raymond. 

Un pouce plus vert  

Le couple montréalais Julie Beaudry et Gabriel Asselin profite du temps que lui offre la pandémie pour travailler sur son jardin.

Photo Laurent Lavoie

Le couple montréalais Julie Beaudry et Gabriel Asselin profite du temps que lui offre la pandémie pour travailler sur son jardin.

À la pépinière du Vieux-Moulin, la préparation pour le printemps actuel a débuté vers le mois d’août, plutôt que novembre en raison de l’importante demande de la clientèle. 

Des commandes plus volumineuses ont été faites auprès des fournisseurs. 

« Il y a eu un achalandage plus élevé, je dirais de 30 à 40 %, versus les années antérieures », rapporte le propriétaire David-Dan Laterreur. 

Le couple montréalais Julie Beaudry et Gabriel Asselin était déjà adepte des plantes, et la crise sanitaire a été salutaire à cet effet. 

« On en a profité pour faire partir à zéro notre propre jardin. On a commencé ça l’année passée, on n’avait pas fait ça avant. C’est sûr que le temps nous a permis avec la pandémie d’accorder plus de temps pour faire ça », souligne Mme Beaudry.

– Laurent Lavoie

Roulottes en demande  

Plusieurs Québécois ont sorti le chéquier pour obtenir une mini-roulotte produite par Hélio, dont Jean-Roch Lacroix est le cofondateur.

Photo Chantal Poirier

Plusieurs Québécois ont sorti le chéquier pour obtenir une mini-roulotte produite par Hélio, dont Jean-Roch Lacroix est le cofondateur.

Plusieurs amateurs de plein air ont sorti le chéquier et investi pour une roulotte. 

Avec une inflation des coûts, Équipements de Plaisance Boisvert estime avoir vendu pour 3 M$ dans la dernière année, pour un prix moyen de 30 000 $. 

« On a eu une très grosse augmentation. Tous les concessionnaires du Québec, du Canada et des États-Unis, pour l’instant on manque tous de produits, donc on a un énorme problème », dit Jean Lapointe, directeur des ventes. 

Chez Hélio, spécialisée dans les mini-roulottes, la capacité de production de 300 unités a déjà été atteinte. 

Sans la possibilité d’utiliser les voies aériennes, « il y a de plus en plus de gens qui veulent voyager sur la route et faire du camping, indique le cofondateur Jean-Roch Lacroix. La solution d’avoir une mini-roulotte, c’est la plus efficace. » 

Il est recommandé de contacter un concessionnaire et de commander son véhicule.

– Laurent Lavoie

Plein air  

Organiser du camping de groupe s’avère tout un défi pour le scout Guillaume Bédard.

Photo courtoisie

Organiser du camping de groupe s’avère tout un défi pour le scout Guillaume Bédard.

La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) constate un taux de réservations record à ce moment-ci de l’année. 

Pour la période s’étalant entre le 1er avril et le 30 septembre, la moitié des emplacements de camping et un tiers des unités de prêt-à-camper demeurent offerts. 

Un quart des chalets attend toujours des locataires. 

Il faudra faire preuve de souplesse dans les critères de recherche, mentionne Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq. 

Guillaume Bédard en sait quelque chose, lui qui tente d’organiser des activités de camping de scouts. « Ce n’est pas plus possible qu’on soit un groupe de 8 ou de 80, ça ne change rien, déplore-t-il. Ils refusent le concept de groupe. »

– Laurent Lavoie

 

L’achat d’une piscine hors terre devra se planifier  

Martin Laberge, propriétaire de Piscine Terrebonne, a dû faire le gros de ses commandes dès le début de l’année pour éviter les problèmes.

Photo courtoisie

Martin Laberge, propriétaire de Piscine Terrebonne, a dû faire le gros de ses commandes dès le début de l’année pour éviter les problèmes.

Il faut s’armer de patience si on veut s’acheter une piscine hors terre cette année, alors qu’il faut carrément oublier le projet pour une piscine creusée ou un bain à remous (spa). 

Chez Piscine Terrebonne, spécialisée dans la hors terre, les installations vont à la deuxième semaine de juin. 

« Ce n’est pas la folie, mais c’est plus fou que d’habitude », dit le propriétaire, Martin Laberge, qui a déjà vendu une cinquantaine de piscines cette année, alors qu’on parle plus d’une dizaine à ce stade-ci en temps normal. 

Chez Trévi Trois-Rivières, on parle d’une augmentation de 240 % des ventes, alors qu’on parlait déjà de 200 % de hausse en 2020. 

« J’ai déjà vendu 134 piscines creusées en 2021, alors que dans une saison normale, j’en vends 140 », dit le propriétaire, Éric Désilets. 

Sa prochaine date libre pour creuser une piscine va à la mi-août. 

Pour ce qui est de la hors terre, ça va à la troisième semaine de juin. 

Ce qui est exceptionnel, car normalement, dit-il, l’achat d’une piscine hors terre est un acte impulsif. 

« Quand il fait très chaud, les gens viennent en magasin et veulent en acheter une tout de suite », lance-t-il. Mieux vaut prévoir, cette année. 

Les dépenses des Québécois à l’été 2020   

  • Golf : + 20 %
  • Achat et entretien de vélos : + 21 %
  • Ventes de piscines : + 51 %
  • Appareils ménagers : + 18 %
  • Ventes des quincailleries : + 13 %

Source : Moneris