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Dois-je vendre ma maison avant que les prix ne descendent?

Isometric house on arrow

Illustration Adobe Stock

Avec la flambée des prix de l’immobilier et les ouï-dire d’une bulle prête à éclater, certains propriétaires se demandent si ce serait une bonne idée de vendre leur maison ou leur condo, quitte à devenir locataires un certain temps.  

L’idée serait d’encaisser le profit de la vente, puis racheter lorsque la « bulle » aura soufflé un peu et que les prix auront diminué. 

Sur papier, ce scénario a de quoi séduire. Prenons l’exemple d’une maison unifamiliale de la région métropolitaine de Montréal achetée en février 2017 au prix médian, qui était alors de 296 662 $. Cinq années plus tard, selon les données publiées par l’Association des professionnels en courtage immobilier du Québec (APCIQ), cette même maison vaut désormais 460 000 $. La plus-value s’élève à 193 338 $, soit 65 % de plus qu’en 2017. Pas mal, non ?

Or, en pratique, ce scénario pose deux problèmes.

Problème no. 1  

Il faut payer pour se loger

Selon Statistiques Canada, le prix moyen du loyer pour un logement de trois chambres était d’un peu plus de 1100 $ à Montréal contre 955 $ en 2017, soit une augmentation de 17 %. 

Toutefois, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a publié l’été dernier une étude révélatrice qui ne tient compte que des logements affichés sur le site Kijiji. Selon cette étude, le loyer moyen demandé pour un cinq et demie à Montréal en juin dernier était plutôt de 1563 $. 

Dans les conditions hypothécaires actuelles, ce loyer de 1563 $ représente le paiement mensuel d’une hypothèque de 360 000 $ (sans tenir compte des autres frais de détention d’une maison). Or, le loyer ne vous permet pas de rembourser la part de capital qui vous revient si vous demeurez propriétaire.  

Problème no. 2  

À court terme, personne ne peut prédire si les prix vont baisser

Les prix vont-ils baisser ? À court terme, personne ne peut l’affirmer (ou l’infirmer) à 100 %. 

En revanche, il y a une grande probabilité que la valeur de votre maison s’accroisse sur le long terme. Même si le passé n’est pas garant de l’avenir, les maisons vont probablement continuer d’être en demande dans les 30 prochaines années. 

Prix des maisons

En 2017, la firme JLR a publié une étude qui souligne l’évolution des prix de l’immobilier de 1986 à 2016. Fait intéressant : au Québec, le coût moyen des maisons a augmenté de 310 % pendant ces trente années, et ce malgré quelques soubresauts. Il n’est donc pas farfelu de s’attendre à ce que sur le long terme la valeur des maisons continue de s’accroître.

Si votre maison vous procure du confort, que vous y êtes heureux et que vous n’êtes pas en difficulté financière pour la payer, pourquoi vous casser la tête en tentant de la revendre ? 

Sans parler du fait qu’il y a d’autres moyens de profiter de la plus-value. Vous pourriez par exemple emprunter sur la valeur nette de votre maison (qui rappelons-le, a probablement augmenté dans les dernières années) pour entreprendre des rénovations qui augmenteront sa valeur, ou même pour investir dans un immeuble à revenus. Et pendant ce temps, vous pourrez continuer de profiter du confort de votre maison.   

  • Ghislain Larochelle est un professionnel inscrit à l’Ordre des ingénieurs du Québec ainsi qu’à l’OACIQ.   

Conseils  

N’oubliez pas qu’une maison, ce n’est pas que de l’argent. Il y a aussi votre qualité de vie à considérer dans l’équation.  

Il faut aussi penser à tous les frais de déménagement, tels que le notaire, la commission du courtier, les déménageurs, l’entreposage de meubles (si vous optez pour plus petit), etc. Tous ces frais peuvent gruger une part importante du profit à la revente.