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La greffe fécale comme traitement contre le cancer

Après s’être rendu compte que les patients qui répondaient le mieux aux traitements oncologiques avaient un système intestinal différent de ceux pour qui cela était moins efficace, l’idée d’utiliser la greffe fécale est née. 

Le processus est simple : des selles de donneurs sains sont prélevées puis mises dans des capsules pour les donner aux patients, explique le Dr Bertrand Routy, oncologue et chercheur au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Il ajoute que la greffe fécale est une technique déjà utilisée pour traiter d’autres maladies, entre autres le C. difficile. 

« C'est quand même fascinant que ce qui se trouve dans notre tube digestif pourrait avoir un impact non seulement sur l'efficacité de certains traitements, mais aussi la toxicité de certains traitements», explique l'oncologue Rahuma Jamal du CHUM.

Selon le Dr Routy, les résultats de deux études publiées le mois dernier à propos de la greffe fécale sont très encourageants. 

Nicole Bouchard, 72 ans, est atteinte d’un mélanome cancéreux. Avant de l’opérer, sa masse doit être réduite. Ses oncologues ont décidé de lui prescrire ce traitement. 

« J’avais 40 capsules à prendre en 90 minutes, mais j’ai fait ça vite. En 12 minutes, j’avais fini », explique la patiente. 

Elle a toutefois affirmé ne pas avoir été rebutée par l’idée de la greffe fécale. 

« Ce n’est pas dégoutant. C’est une capsule, et une capsule, tu ne sais pas ce qu’il y a dedans », affirme Mme Bouchard. 

La Société canadienne du cancer est très intéressée par les possibilités que peut offrir la greffe fécale. Elle a d’ailleurs investi 1,5 million de dollars dans une première recherche avec plusieurs patients atteints de mélanome en partenariat avec l’Hôpital juif de Montréal, l'hôpital de London en Ontario et du CHUM.