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Le retour au secondaire pourrait aggraver la 3e vague

La réouverture complète des écoles secondaires lundi fait craindre le pire au moment où les variants de COVID-19 les plus virulents pour les moins de 60 ans deviendront bientôt les souches dominantes ici. 

« Je suis inquiète pour les parents qui n’ont rien demandé et qui vont se retrouver contaminés par leur enfant, qui vont peut-être aller à l’hôpital et aux soins intensifs, que ça détruise une famille », déplore Roxane Borgès Da Silva, professeure de l’Université de Montréal (UdeM).

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Dès lundi, les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire retournent sur les bancs de l’école, même en zone rouge.

En conférence de presse, mardi dernier, François Legault lançait que « le Québec résiste aux variants ». Mais les experts ne semblent pas aussi sereins.

Surtout que dimanche, au Québec, autant le nombre de cas (+917), que le nombre de décès (+2) et de personnes aux soins intensifs (+6) ont augmenté.

Mauvaise direction  

Pour l’épidémiologiste Nimâ Machouf, le Québec ne va pas dans la bonne direction, en plus d’être « en retard sur la réalité ».

« Avec les nouveaux variants, les enfants sont devenus des grands transmetteurs ! Aujourd’hui, 20 % des personnes infectées ont moins de 20 ans », explique-t-elle.

Comme elle, Roxane Borgès Da Silva s’attend à ce que le cocktail du variant et de la réouverture des écoles fasse augmenter le nombre de cas, particulièrement du côté des parents.

« Les 40-60 ans qui fréquentent les soins intensifs ont énormément augmenté, donc ça veut dire qu’on est prêt à courir le risque d’envoyer des parents d’adolescents aux soins intensifs », confie la professeure de l’École de santé publique de l’UdeM.

Et si le variant britannique inquiète, il faudra surtout se méfier du sud-africain, qui pourrait être résistant au vaccin, anticipe la Dre Machouf.

« S’il se répand et qu’il prend le dessus, toute la stratégie vaccinale va perdre de sa force et tous les efforts qu’on a faits tomberont à l’eau », ajoute-t-elle.

Rassemblement fatal ?  

Ce sont également les célébrations de Pâques qui inquiètent et qui risquent de faire grimper le nombre de cas dans les prochaines semaines, prévient le Dr François Marquis, chef des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.

« Dans un contexte de variants émergents, on peut se retrouver solidement dans le trouble dans deux-trois semaines. Et ça, ça m’inquiète parce que le nombre de lits disponibles aux soins intensifs ne s’en va pas en augmentant sur l’île de Montréal », soutient François Marquis. 

Évolution des cas présomptifs de variants au Québec en cinq jours 

21 mars : 3373 

22 mars : 3423 (+150) 

23 mars : 3664 (+241) 

24 mars : 3978 (+314) 

25 mars : 5157 (+475) 

26 mars : 5565 (+408) 

27 mars : 6118 (+553)