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«Des mesures très tôt permettent d’éviter la catastrophe»

Un médecin anesthésiste-réanimateur français croit que des «mesures plus précoces permettent d’éviter la catastrophe».

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Le docteur Stéphane Gaudry, qui exerce à l’hôpital Avicenne de Bobigny, en région parisienne, réagissait après le point de presse du gouvernement Legault qui n’a pas annoncé de resserrement des mesures sanitaires pour le moment, alors que le Québec est au début de sa troisième vague.

«Je suis plus pour avoir des mesures très tôt pour éviter les explosions et les catastrophes sanitaires. En plus ça permet de rouvrir progressivement et de gagner du temps sur la vaccination, car c’est ce qui va faire qu’on va sortir de cette crise», a-t-il dit en entrevue à LCN.

«Il y a un phénomène dans cette troisième vague lié particulièrement au variant dit anglais. Dès qu’il commence à devenir important en pourcentage, on voit tout de suite une explosion des contaminations parce que ce variant diffuse plus facilement dans la population, mais également donne des formes plus graves et mène à plus de mortalité.»

Le médecin a aussi raconté comment la situation est très préoccupante en France où les secteurs de réanimation sont saturés dans les hôpitaux de certaines régions.

«Nous sommes très inquiets pour la suite, car les projections que nous avons sont encore plus inquiétantes que ce que nous avons actuellement.»

Il a ajouté que les patients admis aux soins intensifs étaient de plus en plus jeunes.

«Nous avons un grand nombre de patients très, très jeunes entre 30 et 60 ans. La population la plus touchée est la population jeune, probablement parce que les personnes plus âgées se ont auto-confinées et les très âgés ont déjà reçu leur vaccin», a-t-il expliqué.

Conseil de défense crucial  

Un Conseil de défense crucial doit se tenir mercredi autour du président Emmanuel Macron pour faire le point de la pandémie, alors que les autorités affrontent la pression des médecins qui réclament un nouveau tour de vis.

Avec désormais plus de malades de la COVID-19 en réanimation qu'au pic de la deuxième vague, la France est à nouveau au pied du mur entre le spectre du tri des malades à l'hôpital et des restrictions sanitaires qui risquent d'aller crescendo.

Le nombre de malades en réanimation s'élève à 4974, soit désormais plus qu'au pic de la deuxième vague de l'épidémie en automne (4903), selon les chiffres publiés lundi par l'agence sanitaire Santé publique France. 

Au total, en comptant les malades de la COVID et les autres, ce sont près de 90% des lits de réanimation du pays qui sont d'ores et déjà occupés.

Et la flambée épidémique - entre 40 000 à 50 000 patients testés positifs chaque jour la semaine dernière - poussée par le variant anglais plus contagieux et plus virulent, n'augure pas d'une baisse immédiate dans les entrées à l'hôpital.

Depuis le début de l'épidémie, il y a plus d'un an, près de 95 000 personnes sont mortes en France de la COVID.

- avec l’AFP