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Marche contre la violence faite aux femmes: «on fait face à une pandémie de l’ombre»

Alors que la triste vague de féminicides se poursuit, avec une huitième femme assassinée en autant de semaines au Québec, des milliers de personnes ont défilé vendredi dans les rues de Montréal afin de demander du changement.

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«On souhaite dire aux femmes victimes de violence conjugale qu’on marche en solidarité avec elles. Il y a plein de femmes qui sont actuellement dans leur domicile et qui sont aux prises avec la violence», a indiqué Chantal Arseneault, présidente du Regroupement des maisons pour les femmes victimes de violence conjugale.

Les organisatrices de la marche ont également demandé plus de soutien du gouvernement Legault, cela alors que le dernier budget du Québec a été critiqué en raison du peu de financement accordé contre la violence conjugale.

Elles souhaitent également une mise en œuvre des recommandations du Comité d'experts sur l'accompagnement des victimes d'agressions sexuelles et de violence conjugale, et du Comité d'examen des décès liés à la violence conjugale.

«Il faut offrir plus de services. Chaque fois qu’une femme demande de l’aide, il faut s’assurer qu’elle va en obtenir à ce moment», a revendiqué Mme Arsenault.

Directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse soutient qu’une femme sur quatre est victime de violence au Québec.

«On fait face à une pandémie de l’ombre, parce qu’on la voit moins. Mais c’est important qu’on ait une vigilance et que tout le monde se sente concerné», a-t-elle illustré.

Pour elle, la pandémie a exacerbé la problématique de la violence conjugale, qui existait déjà, en isolant davantage les femmes qui en étaient victimes. «Bon an, mal an, ce sont 12 femmes qui sont tuées chaque année. Ce n’est que la pointe de l’iceberg, parce qu’on ne parle pas des tentatives de meurtre et des voies de fait graves», a révélé Mme Monastesse.

«C’est au moment de la séparation que le risque de féminicide est le plus important. C’est ce qu’on vit actuellement», a pour sa part résumé Sabrina Lemeltier, présidente de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale.

Des élus de tous les partis se sont également déplacés afin d’appuyer les revendications des manifestants.

«Quand on parle de violence faite aux femmes, on va arriver avec le gros mot: systémique. C’est ça aussi!» a souligné la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui estime que l’égalité entre les sexes n’est pas encore atteinte au travail, et que les femmes disposent de moins de ressources.

Vendredi matin, la Sûreté du Québec a confirmé que Kataluk Paningayak-Naluiyuk, retrouvée morte la semaine dernière, avait été tuée par son conjoint, devenant la huitième femme en autant de semaines à être victime d’un féminicide.

D’autres manifestations semblables ont également été organisées simultanément dans une vingtaine de municipalités de la province.

Manque de ressources 

«On a tout en main pour mettre fin à la violence conjugale, il faut simplement une réelle volonté gouvernementale», a affirmé Mme Lemeltier, qui se désolait du manque de fonds octroyé pour la problématique.

Le budget du Québec, présenté la semaine dernière, allouait une somme de 22,5 millions $ sur cinq ans au rehaussement des services pour les femmes victimes de violence conjugale.

Une somme additionnelle de 10,5 millions $ était prévue afin de prolonger l’action visant à prévenir et à contrer les violences sexuelles.

Des sommes insuffisantes, selon les porte-paroles de la marche, alors que le nombre de places disponible dans les refuges pour femme répond difficilement à la demande.

«Ça prend des investissements. Il faut que le gouvernement nous prenne comme partenaire important dans les mesures à mettre en place. Nous, on a l’expérience et on a développé une expertise. On sait ce qui va fonctionner», a demandé Mme Arseneault, du Regroupement des maisons pour les femmes victimes de violence conjugale.

Plusieurs marches et rassemblements 

Soulignons qu’il y a eu des marches et des rassemblements dans plusieurs villes, vendredi, pour dénoncer la violence faite aux femmes. En plus de Montréal, des milliers de Québécois ont notamment participé à des événements à Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Rimouski et Longueuil.

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