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Pause de chasse à l’orignal pour éviter la fin du cheptel

Des Algonquins ont perturbé la saison de chasse à l’orignal l’année dernière en érigeant plusieurs barrages sur la route 117, suscitant beaucoup de tensions.

Photo Jonathan Tremblay

Des Algonquins ont perturbé la saison de chasse à l’orignal l’année dernière en érigeant plusieurs barrages sur la route 117, suscitant beaucoup de tensions.

Si l’annonce du moratoire sur la chasse sportive à l’orignal dans la réserve faunique La Vérendrye apporte un espoir de rapprochement avec les communautés autochtones, le risque de créer un précédent inquiète des chasseurs.

« Les signaux qu’on a sont positifs [...] Je pense que tout le monde veut une meilleure cohabitation », affirme Marc Plourde, président-directeur général de la Fédération des pourvoiries du Québec.

Vendredi, le gouvernement québécois et les communautés algonquines ont adopté une entente de principe qui prévoit un moratoire d’au moins un an sur la chasse à l’orignal dans la réserve faunique La Vérendrye, entre l’Outaouais et l’Abitibi-Témiscamingue. 

Cet enjeu était au cœur des revendications des autochtones qui ont perturbé la dernière saison de chasse en érigeant plusieurs barrages sur la route 117, qui traverse la réserve, alimentant les tensions. 

Ces derniers exigeaient une suspension de la chasse sportive pendant cinq ans pour permettre au cheptel de cervidés de se renouveler.

Partager avec le voisin

Pour Serge Danis, copropriétaire de la pourvoirie Shannon, qui a perdu des milliers de dollars en revenus à cause des manifestations, l’entente constitue « un pas de géant ». 

« On va devoir apprendre à partager le territoire. [Les autochtones] ont des droits, les pourvoiries ont des droits, je pense qu’il y a moyen de faire un rapprochement », croit le natif de Maniwaki, voisin de la réserve de Kitigan Zibi. 

La Sépaq, qui a autorisé 175 groupes de chasseurs dans la réserve faunique l’automne dernier, s’est refusée à tout commentaire samedi.  

De son côté, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs redoute que ce moratoire crée un précédent. 

« Après la Sépaq, est-ce qu’ils vont [interdire la chasse sportive] dans les ZEC et les pourvoiries ? » demande son président, Marc Renaud. 

Un effort collectif

Il perçoit aussi une injustice dans un moratoire qui ne vise que la chasse sportive, et non celle de subsistance pratiquée par les autochtones. 

« S’il y a vraiment une baisse du cheptel, tout le monde devrait y faire attention. La subsistance peut avoir le dos très large », affirme l’amateur de chasse.  

La grande cheffe du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, Verna Polson, et le chef de Kitigan Zibi, Dylan Whiteduck, n’ont pas répondu aux demandes d’entrevue du Journal samedi. Le chef de Lac-Barrière, Tony Wawatie, a préféré ne pas commenter. 

Québec et les chefs algonquins se donnent jusqu’au 15 avril pour conclure une entente finale et en dévoiler les détails. Le moratoire pourrait entre autres s’étirer pour un total de trois saisons de chasse.