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«Star Académie» : au revoir, Annabel !

C’est la candidate Annabel Oreste qui a dû quitter l’aventure «Star Académie» en ce dimanche pascal, au terme d’un des variétés les plus chargés et les plus réussis de la saison, marqué par la présence de plusieurs figures importantes de la colonie artistique québécoise, dont la grande Ginette Reno.

Tout n’était pas joué d’avance du côté des mises en danger cette semaine. Grâce à son interprétation très expressive de «The Winner Takes It All», de ABBA, le chouchou Jacob Roberge, 22 ans, de Lévis, a été protégé par le public.

Son camarade Shayan Heidari, 20 ans, de Montréal, avait été défié par le corps professoral d’exhiber le «showman» qui dort en lui. Le garçon a pris la commande au sérieux, offrant une prestation hyper énergique sur «Marvin Gaye» de Charlie Puth.

Se déplaçant d’un bout à l’autre de l’espace, jouant avec la caméra – qu’il aime, et qui l’adore en retour –, détendu, Shayan a relevé le défi haut la main. On voyait mal comment, avec des attentes aussi bien comblées, le trio décideur Fabian-Moffatt-Charles aurait pu laisser partir Shayan.

Restait donc Annabel Oreste, 20 ans, qui s’en néanmoins très bien défendue sur «Fever», de Peggy Lee. Lara Fabian a promis à la jeune Lavalloise de cuisiner pour elle éventuellement, et de l’épauler dans la suite de sa carrière.

Ginette Reno, bien plus qu’une chanson

On peut dire que Pâques 2021 fut soulignée avec éclat sur le plateau de «Star Académie» dimanche.

On a du mal à déterminer quel numéro, de ceux impliquant Ginette Reno ou du savoureux et festif tableau élaboré par Mika, sous le thème de la liberté, était le plus mémorable.

Et c’est sans compter le pot-pourri country avec Paul Daraîche et Guylaine Tanguay (avec décapotable sur scène) de même que la visite d’Émile Bilodeau, qui, à peine plus âgé que les académiciens, a pigé dans son répertoire («Ça va», «J’en ai plein mon cass») et présenté une nouvelle pièce, «La jungle du capital».

Avec Ginette Reno et Bruno Pelletier, nos jeunes étoiles ont relu quelques grands succès signés Luc Plamondon. Jacob et Guillaume ont été particulièrement solides avec Bruno Pelletier sur «Le temps des cathédrales», Shayan et Annabel ont offert un émouvant duo sur «L’amour existe encore» et Lunou et Maëva ont été sexy et délurées sur «Des mots qui sonnent».

Ginette Reno est entrée à temps pour «J’ai besoin de parler», et a été rejointe par tous les académiciens, devant un décor de carrousel, pour «Ma mère chantait toujours».

Un peu plus tard, on a sacré «Je ne suis qu’une chanson» (un texte de Diane Juster que Ginette Reno a chanté pour la première fois à 28 ans), «Chanson de la nation». L’album du même titre s’était écoulé à 400 000 copies, à l’époque où Ginette Reno était représentée par un certain impresario du nom de René Angélil.

Mika, pour une dernière fois

Deux petits tours, et puis s’en va : ce fut la contribution du directeur artistique Mika aux variétés de «Star Académie» cette année.

Mais quelle contribution! Après avoir enflammé son propre catalogue la semaine dernière, le Britannico-Libanais a cette fois cueilli quelques perles dans ses coups de cœur monumentaux, et y a apporté sa touche de (multiples) couleurs et de démesure.

Sur «Heroes», de David Bowie, les capes noires des chanteurs distillaient une atmosphère de monastère sur le point de s’emballer.

Lunou Zucchini avait des airs de Minnie Mouse avec sa boucle, son veston et ses bottes rouges ; Shayan n’était pas en reste à ses côtés, vêtu d’un habit rouge étoilé. Ils ont déambulé sur une passerelle aux teintes de l’arc-en-ciel pendant «Born This Way», auprès de danseurs aussi couverts de rouge et brandissant des pompons. Lady Gaga y aurait certainement reconnu son univers.

En salopette jaune, Rosalie Ayotte a rebrassé «À cause des garçons» ; Maëva Grelet (en vert) et Annabelle (en bleu), se sont donné la réplique sur «Djadja» ; Queenie a volé la vedette en robe aux allures d’immense barbe à papa, aux côtés de William qui s’échinait près de danseurs habillés de rubans scintillants, au look futuriste, sur «Smalltown Boy», et Jacob et Guillaume ont été envoûtants sur «Can’t Help Falling In Love», devant d’immenses champignons.

Ça s’est terminé mains dans les airs sur «Grace Kelly», avec un Mika bouclant la boucle de son séjour à la téléréalité, sous l’inscription «Liberté» qui a surplombé l’action tout au long du segment.