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Des films québécois en anglais seulement

Bon Cop, Bad Cop 2 fait partie des films québécois dont les sous-titres ne sont pas offerts en français sur Netflix.

Capture d’écran

Bon Cop, Bad Cop 2 fait partie des films québécois dont les sous-titres ne sont pas offerts en français sur Netflix.

Certains des rares films québécois sur Netflix ne sont même pas disponibles en français au pays. 

C’est le cas du mégasuccès Bon Cop, Bad Cap 2, mettant en vedette Patrick Huard. 

Certes, ce long métrage a la particularité d’avoir été tourné dans les deux langues officielles, mais reste que les sous-titres en français ne peuvent même pas être ajoutés durant les passages en anglais. Or, cette option existe pour l’italien, l’allemand ou encore le mandarin. 

« C’est quasi un affront, surtout que c’est un film qui se veut bilingue et à la portée de tous », a réagi Érik Canuel, qui a réalisé le premier volet de Bon Cop, Bad Cop. 

Le distributeur reconnaît que cette situation nuit au rayonnement de la comédie au sein du public québécois.  

La faute aux contrats

La cause de l’incongruité : les exclusivités accordées aux diffuseurs télé pour le marché francophone. 

« Des ententes empêchent de le rendre disponible en français pour l’instant sur Netflix, mais ça va venir », assure Xavier Trudel, des Films Séville, qui ne précise pas quand ces contrats viendront à échéance. 

Pour les mêmes raisons que Bon Cop, Bad Cop 2, le film d’animation La course des tuques n’est offert qu’en anglais. 

« Les diffuseurs se sont commis financièrement avant même la réalisation, alors que Netflix, on le sait, investit très peu. C’est normal qu’on donne ce privilège à ceux qui nous aident », soutient la productrice Marie-Claude Beauchamp. 

Si Netflix s’intéressait un peu plus au Québec, peut-être que le contenu francophone n’y serait pas aussi anémique, ajoute Gabriel Pelletier, président de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec. 

« Ils n’ont fait que quelques acquisitions et ont produit un seul film original », s’insurge M. Pelletier, qui espère que le projet de loi C-10 sera adopté avant les élections fédérales. 

Comme les autres

La loi soumettrait les plateformes d’écoute en continu aux mêmes règles que les diffuseurs traditionnels.  

Netflix devrait ainsi financer un certain pourcentage de contenu original canadien. 

« Il faut maintenant que le projet de loi soit amendé pour favoriser la mise en place de quotas francophones », insiste Gabriel Pelletier.

D’ici là, des productions d’ici sont introuvables en français au pays et des traductions sont offertes en France, mais pas ici.

« Il y a des politiciens qui sont responsables de vouloir arracher la culture francophone au Québec », peste le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, dénonçant la lenteur du fédéral à légiférer.