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Les dangers avec les livraisons par drone

Les codes gris, reliés aux survols de drone au-dessus de la cour extérieure, se multiplient au Centre de détention de Trois-Rivières. Une nouvelle réalité qui crée tout un enjeu de sécurité, pour les détenus comme pour les agents correctionnels.

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Les contrevenants utilisent parfois un bas de hockey ou une boîte remplie de médicaments, drogues, de cellulaires ou même d'outils. Le butin est accroché au drone avec une corde pour être amené dans la prison.

Ces voyages sont lucratifs puisqu'une fois à l'intérieur, la marchandise vaut trois ou cinq fois plus cher. Des paquets peuvent rapporter jusqu'à 30 000 $.

«On peut aussi saisir des armes artisanales ou encore des couteaux de cuisine. Donc, on voit que c'est problématique. Ça met en péril la sécurité des établissements! Il ne faut pas oublier que ce qu'on arrive à saisir est souvent la pointe de l'iceberg. Pour un paquet saisi, il peut y en avoir trois autres à l'intérieur. Donc, les entrées par drone réussissent et sont profitables pour le crime organisé, entre autres», a expliqué le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels, Mathieu Lavoie.

La sécurité des agents serait compromise

Dans la nuit du 28 février dernier, un détenu du centre de détention de Trois-Rivières aurait réussi à sortir de sa cellule. Il se serait caché à l'extérieur et il se serait retrouvé à une dizaine de pieds d'un agent qui rentrait travailler.

«Il ne lui en restait pas beaucoup pour sortir tout bonnement du périmètre et se retrouver dans la population. Donc, c'est vraiment des événements qui démontrent qu'on doit investir et trouver des moyens pour rendre sécuritaires nos établissements», a ajouté M. Lavoie.

Chaque événement entraîne des opérations à l'interne. TVA Nouvelles a mis la main sur des rapports d'intervenants relatifs à des fouilles. Quarante-huit heures après l'incident à l'extérieur, on remarque que les fouilles ont été nombreuses et que la journée du 2 mars a été particulièrement chargée.

À 11 heures, les agents ont effectué une fouille dans l'aire commune du secteur P9. Ils ont saisi un cellulaire intelligent LG, deux timbres de nicotine, du tabac et plusieurs comprimés de médicament.

À 13 h 10, l'équipe a effectué une fouille de la cellule P9 D07. Ils ont trouvé trois pilules entre deux verres de styromousse sur la tablette du haut. Sur la tablette du bas, ils ont trouvé 11 pilules (speed ice) dissimulées entre des verres de styromousse. Trois boules de haschich étaient aussi cachées dans le tube d'une petite lampe, avec plusieurs timbres de nicotine.

Des lieux non sécuritaires

Le pavillon 9 semble particulièrement problématique. Il s'agit d'un bâtiment modulaire temporaire qui avait été installé, en 2008, pour une durée initiale de cinq ans. Finalement, il est toujours utilisé et nos sources parlent d'un lieu peu sécuritaire où les détenus seraient en mesure de sortir par les fenêtres.

«C'est carrément des roulottes de chantiers divisées en chambres et reliées ensemble», a lancé Mathieu Lavoie.

Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels fait pression depuis des années pour avoir accès à des technologies permettant de détecter des drones.

Preuve que la drogue en prison peut être fatale: Adam Pichette, au coeur d'une fusillade dans le Vieux-Port de Montréal l'été dernier, est décédé d'une surdose d'héroïne le 4 avril au Centre de détention de Rivière-des-Prairies.