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Les victimes de harcèlement et d'agressions sexuelles encouragées à parler sur TikTok

De jeunes personnalités québécoises se tournent vers le réseau social TikTok pour encourager les victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles à raconter leur expérience, dans la foulée de la parution d’une étude devenue virale. 

«Parler d’agression sexuelle et ouvrir la conversation, ça aide à la déstigmatisation», a mentionné Anjolina Hamel, Franco-ontarienne, au Journal de Montréal

Il y a quelques semaines, la femme de 19 ans a publié une vidéo sur TikTok affichant les vêtements qu’elle avait lorsqu’elle a été agressée par un proche à l’âge de 8 ans, une façon de témoigner plus rarement observée auparavant. La vidéo a été visionnée 182 000 fois à ce jour.

Ce type de publication, venant d’utilisateurs de plusieurs pays et tout récemment du Québec, se compte par milliers sur la plateforme. 

C’est qu’une étude parue en mars de UN Women UK, rapporte que seulement 3% des femmes âgées de 18 à 24 ans au Royaume-Uni disent ne pas avoir été victimes de harcèlement sexuel en public. 

Cette donnée laisse entendre que ce fut le cas pour 97% d’entre elles. Des semaines plus tard, le mot-clic «#97percent» sur TikTok compte plus de 250 millions de vues.

Il s’agirait plutôt, selon le sondage, de 86% des femmes ayant de 18 à 24 ans qui ont subi de tels actes. Ce chiffre chute à 71% tous âges confondus.

Cheminement 

Cela faisait déjà quelque temps qu’Anjolina songeait à partager son expérience publiquement. 

«Je me suis sentie super supportée, et puis il y a même du monde qui était comme: j’ai la même histoire que toi, c’était par un membre de ma famille aussi», souligne celle qui a 114 000 abonnés. 

Le Montréalais David Moreau voulait lui aussi faire comprendre aux victimes qu’elles n’étaient pas seules. En février 2020, il a été drogué dans un bar, pour éventuellement reprendre légèrement connaissance en pleine agression. 

«Ce qui arrive aux survivants, la plupart du temps, ils prennent du recul, ils ne veulent pas en parler, et ils s’isolent. C’est de se reconstruire après qui est vraiment difficile», explique l’homme de 21 ans. 

La popularité d’un mot-clé comme «#97percent» peut rassurer des victimes qui songent à prendre la parole, croit David Moreau. «Il faut croire les gens qui ont vécu [des agressions], il faut vraiment les soutenir. Ça prend beaucoup de courage», insiste-t-il.

Être entendu 

En s’exprimant sur les réseaux sociaux, ces personnes ont le sentiment qu’elles «vont être entendues», suggère Marie-Christine Michaud, porte-parole et coordonnatrice au réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels. 

«Ce qui est important pour une personne victime, ce n’est pas juste la reconnaissance [d’avoir vécu] une agression à caractère sexuel, c’est de reconnaître toutes les conséquences négatives qu’elle a pu vivre», précise Mme Michaud.

L’été dernier, le Québec a été frappé par une vaste vague de dénonciations qui a principalement eu lieu sur Instagram. Tant des personnes méconnues que des vedettes ont été éclaboussées.