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Montréal: les villes liées veulent être entendues

Beny Masella

Photo d'Archives, AGENCE QMI

Beny Masella

Les villes liées de l'île de Montréal demandent une plus grande collaboration de la part de la ville-centre à l’approche de la campagne électorale municipale à Montréal,

«On veut savoir comment les candidats [à la mairie de Montréal] voient les relations entre les villes liées et la ville-centre. On partage beaucoup de services ensemble, mais on est d’avis que le partage des coûts n’est pas équitable et qu’il devrait être révisé», a soutenu, en entrevue, Beny Masella, président de l'Association des municipalités de banlieue (AMB) et maire de Montréal-Ouest.

Nées des défusions de 2005, les villes liées comptent 15 municipalités présentes sur l’île et accueillent environ 250 000 habitants. Elles partagent avec l’agglomération montréalaise des services publics tels que la gestion de l’eau, la police, les pompiers et le transport collectif.

Présentement, elles fournissent une contribution de 440 millions $ au budget de l’agglomération. Selon l’AMB, les citoyens de ces banlieues paient une somme 62 % plus élevée que ceux de Montréal, compte tenu de leur poids démographique.

Les villes liées demandent donc une nouvelle formule de partage des dépenses d’agglomération. L’an dernier, le ministère des Affaires municipales avait mis sur pied un comité de travail qui devait permettre la négociation d’une entente.

Selon M. Masella, les négociations sont toutefois au point mort à l’approche de la date butoir, en août. «On est partenaires minoritaires, mais on est quand même des partenaires. Ça prend quelqu’un qui va accepter de nous voir comme tels», a-t-il ajouté.

Il se défend toutefois de s’immiscer dans la campagne électorale. «Ça se peut que l’administration présente va voir la lumière», a précisé M. Masella.

«Nous avons toujours voulu collaborer sur ce dossier. Toutefois, compte tenu du fait que la ville liée de Beaconsfield a pris la décision de poursuivre la Ville de Montréal sur cet enjeu, cela a ralenti et complexifié le déroulement des négociations tel que prévu initialement», a expliqué par courriel Laurence Houde-Roy, attachée de presse du comité exécutif de la Ville de Montréal.

Du côté de l’Opposition officielle, à Ensemble Montréal, le maire de Pierrefonds-Roxboro, Jim Beis, a rappelé qu’en 2016, une entente avait été conclue entre l’ancienne administration Coderre et les villes liées. Celle-ci a pris fin en décembre 2019.

«Nous trouvons déplorable que l’administration Plante ne se soit pas encore assise avec les villes liées et que le gouvernement du Québec en soit rendu à forcer la main à Montréal pour que cette dernière commence à négocier avec elles», a déclaré M. Beis.

Au cabinet d’Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, on indique prendre connaissance de la sortie de l’AMB, mais que la loi actuelle prévoit que les municipalités doivent convenir ensemble de la répartition des dépenses d’agglomération.

«Le ministère a créé un comité de travail qui présentera ses conclusions au cours de l’été. D’ici là, il est souhaitable que les parties en viennent à un consensus dans le dossier des quotes-parts», a souligné par courriel Bénédicte Trottier Lavoie, attachée de presse de la ministre.