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Réticence des gens d'affaires de la Mauricie à aller en Chine

Des entrepreneurs de la région de Trois-Rivières qui entretiennent des relations d'affaires avec la Chine ne veulent plus prendre le risque d'y mettre les pieds en raison des tensions qui s'accentuent avec le Canada.

L'important sous-traitant aéronautique Delastek de Shawinigan opère depuis 2016 une représentation près de Shanghai. Or, son président, qui a à l'esprit l'emprisonnement des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig sur des soupçons d'espionnage, n'envisage pas de s'y rendre prochainement.

«Je n'y suis pas allé dernièrement. C'est plus ou moins recommandé d'y aller présentement compte tenu du contexte», a observé Claude Lessard.

L'industriel à la retraite Laurent Verreault avait, il y a plusieurs années, coupé les ponts avec l'Empire du Milieu lorsqu'il s'est rendu compte que des équipements fabriqués par sa compagnie y étaient copiés. Il ne conseillerait pas à des Canadiens d'y voyager. «Tu vas là comme administrateur d'une compagnie, comme CIO où les gens te connaissent. Or, pour eux autres, t'accuser de n'importe quoi, c'est facile. [...] Tu te défends comment en Chine?», s'est questionné l'ancien président du groupe GLV.

L'ex-membre du SCRS et expert en géopolitique Michel Juneau-Katsuya déconseille vivement de se rendre là-bas. «Les hommes d'affaires, personnalités d'affaires, personnalités diplomatiques ou même un simple citoyen sont en danger d'aller en Chine», a-t-il tranché.

Des acteurs de la scène économique ont refusé de commenter publiquement par crainte de froisser Pékin.

Chez Olymel, gros exportateur de viande de porc, il est hors de question de prendre position. «Pas de commentaires sur l'état de ce marché ni sur l'état des relations avec la Chine», s'est limité à dire Richard Vigneault, porte-parole de l'entreprise.