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Une ado outrée que son agresseur ait gardé son emploi de pompier

Photo Courtoisie

Une adolescente victime d’abus sexuels commis par un pompier de la Montérégie est outrée que son agresseur ait conservé son emploi durant plus de trois mois après avoir reconnu sa culpabilité, d’autant plus qu’il avait été arrêté en pleine caserne.

«Ça me fâche, c’est un acte criminel que j’ai vécu. Il m’a agressée. Il n’a plus sa place là», a lancé avec aplomb la victime de Sébastien Perreault, dont on ne peut dévoiler l’identité sur ordre de la cour.

Le 14 décembre dernier, le pompier de 36 ans a plaidé coupable à un chef de contacts sexuels sur une ado de moins de 16 ans, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.

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Selon le résumé des faits présenté au tribunal, Perreault, une connaissance de la mère de la victime, s’est livré à de multiples épisodes d’attouchements.

Ce dernier a aussi eu une relation complète avec la jeune fille le jour de ses 14 ans. Quelques heures plus tard, celle-ci en a vomi son gâteau d’anniversaire.

Même s’il a reconnu certains gestes, « l’accusé a tendance à attribuer à la victime une initiative de plusieurs gestes à caractère sexuel et à mettre la faute sur cette dernière », a souligné au juge la procureure de la Couronne Me Claudie Gilbert.

Arrêté À la caserne 

Le résident de Mont-Saint-Hilaire était pompier à la Régie intermunicipale de sécurité incendie de la Vallée-du-Richelieu (RISIVR ), qui couvre plusieurs casernes municipales, depuis sa création en 2019. Il était auparavant à l’emploi de la municipalité de McMasterville, depuis 2012.

En janvier 2020, il a été cueilli sur son lieu de travail par les policiers, puis accusé et remis en liberté sous conditions. Perreault n’a pourtant jamais été suspendu par la suite.

«On enclenche une enquête interne rapidement pour porter les actions nécessaires», a affirmé Pierre-Damien Arel, directeur à la RISIVR, lorsque contacté par Le Journal, il y a deux semaines.

Celui-ci a assuré qu’il ignorait les accusations visant son pompier.

Sébastien Perreault a par la suite remis sa démission officielle le 30 mars dernier.

Mea culpa 

Néanmoins, des employés de la Régie ont confié au Journal qu’ils éprouvaient un certain malaise avec la présence de l’accusé dans les différentes casernes de la région depuis sa reconnaissance des faits.

D’autant plus que les pompiers peuvent être appelés à intervenir dans des lieux publics où peuvent se trouver des enfants, comme des services de garde ou des écoles.

«Il pouvait encore être en contact avec des jeunes. Je trouve ça plate que la direction n’avait pas fait une enquête adéquate», déplore la jeune victime, aujourd’hui âgée de 17 ans.

Ses parents jugent la situation «inacceptable». Ils réclament «un peu de justice».

«Je vais tenter de comprendre pourquoi cette information ne s’est pas rendue plus vite à mon niveau. Je suis très préoccupé de l’image que ça projette, a admis Pierre-Damien Arel. La Régie aura peut-être un mea culpa à faire.»

Perreault reviendra en cour en juin.

– avec la collaboration de Claudia Berthiaume