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17 ans et déjà jugée trop dangereuse pour la société

Bloc justice

Photo d'archives, Fotolia

Un juge a refusé mardi de libérer l’adolescente qui aurait fauché et abandonné une piétonne de 79 ans dans le quartier Rivière-des-Prairies, à Montréal, parce qu’elle est trop dangereuse pour la société. 

«Dites-moi que la madame est correcte», aurait lancé la jeune de 17 ans lorsqu’elle s’est rendue aux policiers quelques heures après la collision mortelle, le 16 mars.

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Un peu plus tôt cette journée-là, l’adolescente, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a renversé une aînée qui marchait sur le trottoir, à l’intersection des avenues René-Descartes et Rita-Levi-Montalcini.

«Rouler en fou»

Plusieurs témoins ont aperçu le véhicule Ford Focus «rouler en fou» avant la collision fatale. La jeune conductrice tentait alors de fuir les policiers puisqu’elle venait de se faire intercepter pour un excès de vitesse lors d’une opération radar, a résumé en cour le procureur de la Couronne Me Simon Robin. 

L’accusée n’a jamais eu de permis de conduire et sa seule expérience au volant d’une voiture se résume à ses joutes dans les arcades, a ajouté le procureur en chambre de la jeunesse.

Ce dernier s’opposait vivement mardi à ce que l’accusée soit remise en liberté dans l’attente de son procès. 

Le jour du drame, tentant d’échapper aux policiers qui l’ont pourchassée sur 1,3 km, l’accusée aurait ignoré six panneaux d’arrêt, roulant à vive allure dans un corridor scolaire où la limite de vitesse est de 40 km/h. 

La Ford Focus roulait si vite qu’elle aurait sauté un dos-d’âne, avant de renverser mortellement Carolina Zollo-Braca. Après la collision, la conductrice serait sortie du véhicule accidenté en premier. 

«F**k!» aurait-elle crié en apercevant la victime au sol, avant de s’enfuir. 

Les deux autres passagers du véhicule ont aussi pris la fuite. Leur cavale à pied a été filmée par des témoins ainsi que des caméras de surveillance de voisins. 

Infractions violentes

L’ado s’était rendue aux policiers plus tard en journée avec sa mère. 

«Je conduisais, j’ai paniqué juste là-bas», aurait-elle lancé aux policiers.

Malgré son jeune âge, l’accusée cumule plusieurs infractions en matière de violence. Un mois avant le drame, elle avait été libérée en attente de son procès pour un vol qualifié survenu en janvier.

D’ailleurs, Simon Robin s’est inquiété mardi des nombreuses fois où l’accusée a été libérée et n'a pas respecté ses conditions. 

«Et nous voilà aujourd’hui, alors que malheureusement une femme est décédée. Je dis: ça suffit.»

Le juge Patrice Hurtubise lui a donné raison et il a ordonné la détention de la jeune. 

«J’estime qu’elle est dangereuse pour la population», a-t-il tranché.