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Des propriétaires de gyms sont inquiets et frustrés

Des proprios de gym qui encaissent une fermeture seulement deux semaines après leur réouverture croient qu’ils n’auraient jamais dû reprendre leurs activités. 

« Ça nous met dans le trouble, on aurait préféré rester fermés », affirme sans détour Xavier Lesaffre, copropriétaire du CrossFit 514, à Montréal. 

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Après avoir rappelé entraîneurs et clients à la mi-mars, ce dernier doit maintenant fermer boutique d’ici jeudi, comme toutes les salles d’entraînement situées en zone rouge. 

L’annonce est d’autant plus crève-cœur qu’il avait recommencé à ouvrir les portes de garage de son établissement avec le beau temps des derniers jours, améliorant la ventilation. 

« Hélas, ils nous referment. On s’y attendait plus ou moins », se résigne-t-il. 

Même si le premier ministre François Legault a vanté les mérites de cette réouverture passagère lors la conférence de presse, certains trouvent que cette énième fermeture est particulièrement cruelle. 

« Quand tu donnes quelque chose à quelqu’un, puis que tu le lui enlèves, des fois c’est pire », croit Serge Poirier, propriétaire du gym Haltères&Go, dans le quartier montréalais Rosemont.

L’entraîneur de profession a du mal à comprendre pourquoi la Santé publique a permis la réouverture des gyms, tout en sachant que les variants circulaient dans la province. 

Un mauvais exemple  

Mais la goutte qui a fait déborder le vase selon lui est l’éclosion de coronavirus au Méga Fitness Gym, à Québec, à l’origine de plus de 171 cas de COVID-19. 

« Je pense fortement qu’on paie pour [ça], dit M. Poirier. C’est les 90 % qui paient pour les 10 % qui font pas bien les choses. »

Le Centre Multi-Forme, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, n’a d’ailleurs pas voulu risquer de reproduire un tel événement superpropagateur.

Le centre d’entraînement a mis la clé dans la porte mardi après deux cas positifs parmi ses clients, sans même attendre le signal de la Santé publique. 

Moral dans les talons  

Du côté des clients en zone rouge, le moral de plusieurs était à plat mardi en début de soirée. 

« Ici, c’est comme une famille. Tout le monde est déçu, c’est vraiment dommage », souligne Damian Conciatori, entraîneur personnel au gym Citalfort, dans l’arrondissement de Saint-Léonard, à Montréal.  

« On a reçu beaucoup de soutien, mais il y a beaucoup de frustration aussi. C’est plus difficile pour les membres et les employés que pour moi », ajoute M. Poirier, qui avait prévu que son gym ne pourrait rouvrir avant mai.

Il s’inquiète que le gouvernement n’ait pas précisé de date de réouverture possible lors de la conférence de presse.  


Côté culture, la distanciation dans les salles de cinéma et de spectacles passera de 1,5 à 2 mètres entre les personnes de différentes bulles familiales.