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Le REM cause d’autres tensions à Montréal

Le terrain convoité par la Caisse pour sa station du REM est situé au coin des rues Sherbrooke et Contrecœur, dans l’est du quartier Tétreaultville.

Photo Dominique Cambron-Goulet

Le terrain convoité par la Caisse pour sa station du REM est situé au coin des rues Sherbrooke et Contrecœur, dans l’est du quartier Tétreaultville.

Le REM continue de bousculer l’administration de Valérie Plante. Après les structures aériennes controversées sur René-Lévesque, voilà que le train électrique de la Caisse de dépôt menace un projet d’épicerie attendu depuis près de 10 ans dans l’est de Montréal.  

Le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, déplore de ne pas avoir été consulté avant que Québec ne se réserve un terrain pour une station du nouveau Réseau express métropolitain (REM) de l’Est, dans le secteur de Tétreaultville. 

Après des années de négociations, l’arrondissement et Sobey’s s’étaient enfin entendus au début du mois de mars pour construire une épicerie près du Faubourg Contrecœur, un ensemble résidentiel de plusieurs centaines de logements. 

Les plans du projet ont d’ailleurs été rendus publics jeudi. 

Mais voilà qu’un avis de réserve foncière envoyé par le ministère des Transports vient mettre ces plans sur la glace. 

Selon nos informations, l’avis légal vise directement l’endroit où l’épicerie doit être érigée et empêche toute nouvelle construction pour au moins deux ans. 

Annie St-Amant, qui habite à proximité depuis sept ans, est déçue de voir que le projet de commerce pourrait être retardé une fois de plus.  

« Il y a des gens qui attendent une épicerie depuis 10 ans. Il n’y a plus rien qui me surprend. Il y a toujours des obstacles dans ce projet », lâche-t-elle. 

Pas consulté  

Bien que la Caisse dise avoir « eu des rencontres avec la Ville », Pierre Lessard-Blais affirme ne pas avoir été consulté. 

« Je n’ai eu qu’une seule rencontre avec la Caisse et ça n’a jamais été évoqué. Alors, j’invite la Caisse à nous contacter », déplore l’élu de Projet Montréal. 

Il rapporte que c’est seulement après que Le Journal eut contacté son équipe pour une réaction que les fonctionnaires municipaux ont eu une confirmation de la Caisse. L’avis de réserve n’a d’ailleurs toujours pas été rendu public.

« L’épicerie, on en tient compte. Les deux projets peuvent cohabiter. On va s’arrimer avec le promoteur et la Ville », assure Emmanuelle Rouillard-Moreau, porte-parole de CDPQ-Infra, la filiale de la Caisse de dépôt responsable du projet du REM.

Le maire Lessard-Blais se dit prêt à « faire les ajustements nécessaires pour que le projet voie le jour ».

Mais Annie St-Amant craint que le projet ne retourne à la table à dessin, car les négociations entre Sobey’s et l’arrondissement ont été assez ardues.  

« Le projet a été bloqué par les exigences de l’administration de Projet Montréal, juge-t-elle. Si elle reste campée sur sa position d’avoir un parc urbain et un corridor cyclable, je n’ai pas d’espoir. »