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«Star Académie»: retour dans la lumière pour Francine Raymond

Photo courtoisie, Laurence Labat

Elle a quitté les projecteurs en 2004, mais son héritage musical résonne encore tous les jours dans nos radios. Francine Raymond effectuera un bref retour dans la lumière dimanche, alors que Star Académie soulignera son intronisation au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens.

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L’auteure-compositrice-interprète de 64 ans, voix et âme des jamais démodées Y’a les mots, Vivre avec celui qu’on aime, Pense à moi, Souvenirs retrouvés, Tous les bateaux font des vagues, Pour l’amour qu’il nous reste et autres Les années lumières, réparties sur cinq albums encensés (parus entre 1987 et 2002), partagera l’honneur avec son guitariste et complice de longue date, Christian Péloquin.

«Genou à terre» 

Au cours de sa riche carrière de plus de 35 ans, Francine Raymond a connu huit numéros un consécutifs au palmarès, reçu 18 prix SOCAN, 14 nominations à l’ADISQ, le Félix de l’auteure-compositrice-interprète de l’année en 1993 (la première femme à lui succéder ensuite fut Klô Pelgag, en 2017) et un Octave d’or de la Francophonie internationale. L’ensemble de son répertoire est encore disponible sur les plateformes numériques.

Or, malgré le legs considérable de Francine Raymond, même si son folk rock nous berce encore, quelque 25 ans après ses grandes gloires, c’était son choix de prendre le large du milieu artistique, elle qui s’affirme très à l’écoute des signaux de la vie.

«C’était un peu volontaire. On continue à m’appeler, à m’inviter, depuis mon retrait de la scène. Les recherchistes sont tenaces! Mais j’avais une quête personnelle à faire, et c’était important pour moi. Je pense que j’avais un peu fait le tour, parce que j’ai commencé mon métier à 14 ans, à jouer sur les scènes, avec ma guitare. Ça n’a pas été des débuts faciles. Puis, de devenir mon propre producteur, en tant que femme, n’a pas été un chemin facile non plus!»

Francine Raymond l’avoue: le bulldozer qu’elle a jadis été et qui a tracé la voie à ses semblables était devenu fatigué. Au milieu des années 2000, explique-t-elle, «la business changeait». Et «à partir de 2004, j’avais un genou à terre», image-t-elle.

Impliquée dans les hautes luttes de son industrie, dont celles pour le droit d’auteur, elle a toujours bûché pour que la chanson et ses créateurs conservent leurs lettres de noblesse.

«Je pense qu’on m’avait assez entendue, et je m’étais assez entendue moi-même, avance-t-elle. Je pense que j’avais besoin de vivre une vie différente, plus connectée à celle que le public, les gens qui me suivaient, mènent. Je ne l’avais jamais vraiment vécu, depuis 14 ans que j’étais sur la galère, à faire mon métier. J’avais besoin d’une réelle pause, qui s’est étirée. Parce que je m’y suis plu, et je m’y suis reconnue.»

«Je peux dire que l’isolement, ça ne tue pas. Si je peux sortir juste pour dire ça, j’espère que ça fera plaisir à des gens et que ça les encouragera», ajoute la dame.

Souvenirs 

Elle n’a jamais cessé de créer, «à la journée longue». De la musique, entre autres; elle dit en avoir «pour trois autres vies». Elle a aussi jumelé concerts et expositions de photos. Et, surtout, elle a vécu «le vrai, le tangible, les amis, les relations...».

Peut-être que l’envie de l’existence publique «lui reviendra» éventuellement. Si, post-pandémie, le milieu de la musique fait «sa propre analyse, sa propre recherche pour se bonifier, pour ressembler davantage à la mission que les auteurs-compositeurs se donnent», elle pourrait renouer à mi-chemin avec ses anciens amours.

Elle continue d’ici là de contribuer aux comités pour la défense du droit d’auteur, en soutenant se tenir loin de la politique.

«Les temps ont beaucoup changé, on est inondés de chansons, et la musique est banalisée au point qu’elle ne goûte plus rien et ne coûte plus rien, et goutte à goutte, on la perd. Même si ce constat semble négatif, je me dis qu’ensuite, ça peut seulement changer. Je préfère penser ainsi, mais pour me mettre dans cet état, j’ai besoin de me concentrer seulement sur la magie de la vie.»

Néanmoins loin d’être amère, Francine Raymond discute de sa quête spirituelle avec sérénité, et voit son intronisation au Panthéon comme une «note de remerciement» de la vie.

Certaine d’avoir «passé le tunnel» de la remise en question, Star Académie est la première invitation qu’elle accepte depuis plusieurs années. De visiter le plateau de la populaire émission de TVA, lui rappellera ce temps où elle-même avait gagné l’un des premiers concours de talents de l’antenne Télé-Métropole, à l’époque.

C’était en 1978 et la vitrine, appelée Nos lauréats, avait permis à une jeune Francine Raymond de coanimer à la télévision 26 semaines consécutives avec d’autres artistes, en direct de La Ronde, et d’apprendre son métier sur le tas.

Pendant cette période d’apprentissage, elle jouait aussi de la musique dans les bars – déjà avec Christian Péloquin – et travaillait aussi dans les coulisses de Télé-Métropole, dans la traduction de la programmation.

«C’est comme boucler une boucle, pour moi», mentionne-t-elle avec tendresse.

On retrouvera Francine Raymond au variété de Star Académie, dimanche, à 19 h, à TVA.