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30 mois de prison pour plus de 20 ans de violence conjugale

Un père de famille de 39 ans qui a plaidé coupable à une série d'accusations en lien avec la violence conjugale écopera de 30 mois de prison, tel que mentionné jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières.

L'accusé, qu'on ne peut nommer pour protéger l'identité de sa victime et de leurs cinq enfants, a reconnu s'être livré à des voies de fait sur sa conjointe de 1998 à 2019. Il a aussi reconnu les chefs de harcèlement criminel, de menaces de mort et de voies de fait contre un de leurs cinq enfants.

Le juge Rosaire Larouche lui a imposé 30 mois de prison, plus trois ans de probation. Pour tous les autres chefs d'accusation de voies de fait armé ou d'agression sexuelle, la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet, a accepté un arrêt des procédures ou un acquittement.

«Il faut comprendre que pour la victime, venir expliquer des événements qui se sont passés il y a 19 ans, c'est très lourd et difficile. Il faut avoir en tête que la Couronne doit pouvoir prouver hors de tout doute raisonnable les infractions. Non seulement celles qui se sont passées dernièrement, mais aussi celles qui se sont passées il y a plus de 19 ans» a-t-elle expliqué.

Cette sentence arrive alors que le Québec est frappé par huit féminicides en huit semaines. Pour Sabrina Bernier, directrice de la Maison de Connivence pour femmes violentées, il y a de quoi réclamer de grands changements. «Il faut une réforme au niveau de comment la société traite les dossiers de violence conjugale», a-t-elle indiqué.

Elle ajoute que les victimes qui, une fois le processus judiciaire terminé, doivent encore trouver le chemin de la guérison. «Ce n’est pas parce que le procès est terminé que tout est terminé, au contraire ! Les femmes ont besoin d'aide parce que ça laisse des impacts sur une grande partie de leur vie.»

Tous les intervenants s'entendent pour dire que la pandémie a exacerbé la problématique de violence conjugale. Mais pour le sergent Jean-Raphaël Drolet de la Sûreté du Québec, cette même pandémie ne doit absolument pas être une excuse pour rester dans un milieu toxique. « Les mesures qui sont en vigueur, comme le confinement et le couvre-feu, si votre sécurité est menacée, vous pouvez quitter votre foyer.»

Quant à l'accusé, le juge Rosaire Larouche a dit craindre le revoir en cour s'il ne consultait pas pour régler ses multiples problématiques. Il a ajouté que l'homme de 39 ans avait beaucoup de travail à faire et qu'il n'y arriverait pas seul.

Compte tenu de sa détention préventive, il ne lui reste que 6 mois de prison à purger.