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Bas-Saint-Laurent: un site web pour proposer du bois plus abordable

Du bois moins cher pour les consommateurs et des producteurs mieux rémunérés: ce sont les deux principaux objectifs de la plateforme «Bois d'ici» qui vient d'être mise sur pied par un jeune programmeur informatique d'Amqui, au Bas-Saint-Laurent.

«Je le fais pour le "fun", je le fais pour dépanner le monde d'ici. J'ai moi-même des rénovations à faire et je vois ce que ça coûte! J'ai beaucoup de personnes autour de moi qui travaillent dans le domaine forestier et ils se font arnaquer jour après jour», a lancé jeudi Mathieu Castonguay qui a créé la plateforme il y a moins de deux semaines.

C'est à la fois l'augmentation marquée du prix du bois et les revenus limités que font certains producteurs forestiers qui ont poussé Mathieu Castonguay, 26 ans, à faire preuve de créativité.

L'objectif de son site, c'est de créer un répertoire des bûcherons et des propriétaires de petites scieries qui opèrent dans les régions de la Matapédia, de la Matanie, de la Mitis, d'Avignon et de Rimouski. Ensuite, à la fin du mois d'avril, le site web deviendra un site transactionnel.

Ainsi, dans quelques semaines, les intéressés pourront acheter du bois de chauffage comme des «deux par quatre» directement sur la plateforme, à des prix plus raisonnables que ceux observés actuellement sur le marché.

«Le prix du bois a triplé. Est-ce que le propriétaire, celui qui fournit le bois, qui part avec sa scie mécanique, a vu ses profits tripler? Non! C'est un projet qui permet de l'équité, de la justice économique, dans le domaine de la forêt», a expliqué Sylvain Roy, porte-parole du Parti québécois en matière de forêts.

En moins de deux semaines, une quarantaine de producteurs forestiers se sont inscrits sur le site «Bois d'ici», une quinzaine de petites scieries également. Près de 600 personnes se sont également abonnées à l'infolettre.

«Avec l'offre que j'ai, la demande que j'ai, c'est sûr et certain que je vais le faire pour d'autres régions du Québec», a lancé M. Castonguay.

Selon le porte-parole du Parti québécois en matière de forêts, ce genre de projet innovateur pourrait même engendrer une réflexion dans l'industrie.

«Ça va faire réfléchir les gros joueurs sur leur monopole et leur prétention à contrôler le marché du bois d'œuvre. Si on a des alternatives de cette nature-là, j'ose espérer que ça va les amener à se comporter comme de meilleurs citoyens corporatifs», a-t-il lancé.