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Propos «extrêmes» sur Israël : les conservateurs accusent un invité des libéraux

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Andre Forget/QMI Agency

Le Parti conservateur a accusé jeudi le Parti libéral d’avoir invité à son congrès des prochains jours un ancien haut placé de l’administration américaine, car celui-ci aurait fait des «interventions partisanes» que les conservateurs jugent «extrêmes» à l’égard d’Israël. 

Aujourd’hui devenu commentateur politique, Ben Rhodes fut un membre clé de l’équipe des communications de l’ancien président Barack Obama, pour qui il a notamment rédigé des discours entre 2009 et 2017.

Une conversation entre M. Rhodes et le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau est à l’agenda du congrès du Parti libéral du Canada à 20 h vendredi.

Or, certains commentaires de M. Rhodes sur Israël ne passent tout simplement pas chez les conservateurs.

Ceux-ci l’accusent d’avoir «fréquemment» qualifié Israël comme un État «raciste», et a récemment décrit l’actuel premier ministre d’Israël, Benjamin Nethanyahu, comme une personne «corrompue et cruelle».

Le parti s’appuie sur des reportages par des médias israéliens, dont le «Jewish Journal» et le «Jerusalem Post».

«Il est décevant, mais pas étonnant que les libéraux utilisent leur Congrès national pour promouvoir un individu qui a fait des interventions partisanes extrêmes sur la politique israélienne», ont déclaré par communiqué les députés Luc Berthold et Michael Barrett.

Ben Rhodes est lui-même à moitié juif, du côté de sa mère, et chrétien du côté de son père, selon le «New York Times».

Les conservateurs soulignent que M. Rhodes poussait pour que l’administration Obama adopte une ligne plus dure envers Israël. Il aurait laissé entendre, toujours selon les conservateurs, que la posture pro-Israël des Démocrates était le fruit de riches donateurs juifs.

Notons qu’en 2016, les États-Unis ont accordé une aide militaire de 38 milliards US $ à Israël sur une échelle de 10 ans.

«M. Rhodes est un fervent défenseur des résolutions des Nations Unies qui condamnent Israël. De plus, il critique un accord de paix entre Israël et les [Émirats arabes unis], une critique partagée par le régime autoritaire d’Iran», ont laissé entendre les députés Berthold et Barrett.

«Israël est une démocratie alliée, et nous devrions respecter ses choix politiques – comme les Canadiens s’attendent à ce que nos alliés respectent nos choix démocratiques», ont-ils ajouté.

Les conservateurs ont souligné trois engagements liés à Israël : la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël; la suspension du financement de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, «qui ne cesse de promouvoir des programmes antisémites dans ses écoles»; et la désignation du régime iranien comme une entité terroriste en vertu du droit canadien, conformément à la volonté du Parlement du Canada.