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Une exemption payante pour la PDG d’Hydro

Sophie Brochu est présidente-directrice générale d’Hydro-Québec depuis avril 2020.

Photo d'archives

Sophie Brochu est présidente-directrice générale d’Hydro-Québec depuis avril 2020.

La seule PDG d’une société d’État aussi rémunérée par une autre entreprise vient d’être reconduite dans ses fonctions. La patronne d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, a vu son mandat comme administratrice de la Banque de Montréal (BMO) être renouvelé, hier, à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’institution financière. 

Mme Brochu siège au conseil d’administration de la BMO depuis 2011. En 2021, elle touchera 225 000 $ pour son rôle au sein de la banque, payable en argent et en droits différés à la valeur d’actions (DDVA). En date du 21 février dernier, elle possédait pour 3 millions $ de DDVA, selon la circulaire de rémunération de la banque.

Sophie Brochu a pris les commandes d’Hydro-Québec en pleine pandémie le 2 avril 2020 à la suite du départ d’Éric Martel chez Bombardier. Son salaire annuel est de 580 000 $, en plus d’un boni de performance pouvant atteindre 290 000 $ par an. Ce boni n’a pas été payé en 2020, comme les primes de tous les employés de la société d’État. 

Pourquoi conserver un deuxième emploi ? 

« Sa participation au CA de la BMO lui permet un lien avec le secteur financier. Cela alimente ses réflexions et ses analyses, ce qui génère des retombées positives pour l’ensemble de notre entreprise », répond le porte-parole d’Hydro-Québec, Marc-Antoine Pouliot.

Il ajoute que le gros du travail de Mme Brochu relatif à la BMO, soit la préparation des séances du conseil d’administration et des comités, se fait la fin de semaine et que « sur une année complète, on parle de neuf journées où il y a des activités en semaine, dont deux où cela se passe en soirée ». 

Une exception 

Une recension du Journal a révélé l’an dernier que Sophie Brochu est la seule première dirigeante des 56 sociétés d’État québécoises à être encore payée par une autre entreprise. 

À sa nomination chez Hydro, elle a démissionné des CA de Bell et de CGI, mais est demeurée en poste chez BMO, ce qui a de toute évidence fait l’objet de négociations avec Québec. « Le gouvernement [Legault] a mis de l’eau dans son vin parce qu’il voulait Mme Brochu », déclarait au Journal l’expert en gouvernance Michel Magnan à l’époque. 

Avant d’arriver chez Hydro-Québec, Mme Brochu dirigeait Énergir, où elle a gagné 1,9 million $ en 2018. Elle cumule plus de 30 années d’expérience dans le secteur de l’énergie.  

LA RÉMUNÉRATION DE SOPHIE BROCHU EN 2021  

580 000 $ – salaire annuel, PDG d’Hydro-Québec  

290 000 $ – boni possible comme PDG  

225 000 $ – salaire comme administratrice chez BMO   

Total possible : 1 095 000 $