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Création de places en garderie: des gestionnaires demandent à Québec d’alléger la bureaucratie

À Saguenay, les gestionnaires d'un service de garde privé déplorent la lourdeur administrative entourant l'obtention d'un permis.

Elles demandent au gouvernement d'accélérer le processus visant la création de nouvelles places en garderie.

Le système actuel freine le développement de l'École Montessori du Saguenay qui compte 169 enfants sur sa liste d'attente.

«Et c'est sans compter tous ceux qui appellent, a précisé l'une des copropriétaires du service de garde privé, Claudia Fillion. On reçoit de quatre à cinq appels de parents par jour.»

Claudia Fillion et ses deux partenaires d'affaires caressent le projet d'ouvrir une deuxième installation de 36 places à Chicoutimi, incluant des places pour les poupons.

Elles ne demandent aucune subvention gouvernementale puisqu'il s'agit d'un service privé qu'elles financent à même leurs économies.

Elles souhaitent uniquement obtenir un permis.

«On a fait la première étape au ministère de la Famille qui nous permet juste de demander une place sur le comité consultatif, a -t-elle expliqué. Ce sont les gens de ce comité qui nous disent si on peut ou non passer l'autre étape.»

On leur aurait toutefois indiqué que leur projet ne serait pas analysé par le prochain comité consultatif prévu en mai.

Elles auraient fait parvenir leur dossier en dehors du délai requis, quelques jours trop tard.

«On nous a dit que ça pouvait prendre un an, peut-être même plus pour qu'on puisse être dans le prochain comité consultatif», a-t-elle déploré.

«Même si on a déjà un dossier au ministère et que nos services actuels sont reconnus, il faut refaire le processus en entier», a spécifié son associée, Audrée Roy.

Les propriétaires de l'École Montessori du Saguenay déplorent que, pendant ce temps, des parents soient forcés de quitter leur emploi à défaut d'une place en garderie pour leur enfant.

«Le processus pour l'obtention d'un permis doit être adapté à l'époque dans laquelle on vit présentement, a insisté Mme Fillion. On ne cherche pas à mettre la faute sur une personne en particulier, on veut juste que les personnes au pouvoir passent en mode solution et se demandent ce qu'on peut faire pour nos familles parce que les besoins sont urgents.»

Elles ont déjà identifié un local pour leur projet et même signé une entente pour le réserver jusqu'en décembre prochain.

«Un moment donné ils vont nous demander de payer le loyer même si on ne peut pas l'occuper», a souligné Mme Fillion et Mme Roy qui demandent aussi au gouvernement d'assouplir les règles entourant la formation des éducatrices pour faciliter l'organisation du travail et le recrutement. On veut respecter les règles et on trouve ça tout à fait légitime qu'une personne soit diplômée, mais on pourrait revoir le nombre d'heures d'expérience requis pour être considéré comme étant formé, a expliqué Audrée Roy. Présentement on a des employés avec nous depuis longtemps, mais comme ils n'ont toujours pas atteint les 5000 heures travaillées dans le domaine, elles ne sont pas considérées comme étant formées.»

En attendant d'obtenir leur permis pour leur deuxième installation, elles aident les familles à leur manière, en offrant un service de dépannage qui permet de combler la place d'un enfant temporairement absent.