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«J’ai juste essayé de lâcher prise» - Mylène St-Sauveur

Mylène St-Sauveur

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Mylène St-Sauveur

Mylène St-Sauveur est comédienne jusqu’au bout des ongles, totalement investie dans ses personnages et son métier. La dernière année l’a toutefois un peu ébranlée dans ses convictions. Même si elle a beaucoup travaillé, les quelques mois de recul en confinement lui ont permis de remettre ses priorités en perspective. 

Mylène, on peut vous voir dans la série «Alertes». Votre personnage se dévoilera-t-il un peu plus durant la saison?

Le nouveau format de la série permet de creuser un peu plus l’intimité des personnages, mais ce qui est particulier pour Lily-Rose, c’est qu’il y a encore une part de mystère autour d’elle. C’est une fille très autonome, dévouée et impliquée dans son travail. En fait, sa vie se résume à son travail. On la voit un peu moins dans son quotidien, comparé à Renaud (Frédéric Pierre) ou à la capitaine Duquette (Sophie Prégent). Lily-Rose évolue beaucoup plus dans son milieu de travail. C’est bien de ne pas tout dévoiler dès le départ; le point de vue changera au fil des épisodes. Je pense que l’auteure ne veut pas tout dire pour le moment. 

Comment avez-vous abordé cette nouvelle saison, après «Alerte Amber»?

Pour moi, ce personnage est très intéressant, car j’essaie encore de trouver ses failles. Elle semble tellement rationnelle et cartésienne! Elle n’est pas du tout dans l’émotif. C’est particulier de jouer ce genre de femme, car je dois inventer des choses qu’on ne voit pas à l’écran pour justifier certaines réactions ou certains comportements. C’est le fun, parce que j’apprends à la découvrir au même rythme que les spectateurs. Ça me demande aussi de toujours rester vigilante et de m’assurer que je ne tombe pas dans une ligne trop émotive. J’aime la garder très rationnelle. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait de jouer une policière?

On essaie de montrer le côté humain et sympathique de la profession. On veut vraiment que ce duo Renaud-Lily-Rose fonctionne à l’écran, qu’ils aient l’air d’être deux partenaires qui ont du fun ensemble. C’est aussi plaisant pour moi de jouer complètement autre chose que ce que j’ai fait avant. Je ne suis pas la blonde ou la femme de quelqu’un. Mon personnage est autonome et n’a besoin de personne. Je trouve ça le fun d’aller ailleurs et de chercher quelque chose au fond de moi. Je dois la travailler différemment. 

Avez-vous des nouvelles sur votre avenir dans «L’heure bleue», qui devrait revenir à l’automne?

Je sais qu’on doit entamer les tournages d’une demi-saison, soit 12 épisodes, ce printemps. On aurait dû tourner au printemps dernier, mais, en raison de la pandémie, tout a été repoussé. Par contre, je ne sais pas du tout ce qui va se passer, je n’ai pas encore eu les textes. La production veut tellement faire une belle finale que je ne sais rien pour le moment. On devrait recevoir les textes sous peu. 

Vous avez par contre dû faire le deuil de votre personnage dans «Les pays d’en haut». Tournez-vous facilement la page d’un projet?

Ça dépend des personnages, il y en a que j’ai portés plus longtemps ou qui m’ont demandé un défi supplémentaire. Dans ces cas-là, ça vient davantage me prendre au cœur quand je dois arrêter de les jouer. C’était le cas, par exemple, à la fin de la tournée, lorsque je jouais le «Journal d’Anne Frank» au théâtre. C’est un projet important dans ma vie et dans ma carrière. Même chose pour la série «Hubert et Fanny», qui a été mon premier grand rôle à la télé. Pour «Les pays d’en haut», j’ai l’impression d’avoir fait mon deuil à chaque fin de tournage, car on nous répétait souvent que c’était la dernière. Par magie, on apprenait quelques mois plus tard qu’on revenait. J’avoue avoir beaucoup aimé travailler sur cette série. Jouer une série d’époque, c’est tellement le fun, et c’est rare que ça arrive! Je suis contente d’avoir pu le faire. 

Votre prochain rôle d’époque va se jouer au théâtre, dans «Le roman de monsieur de Molière», où vous allez jouer la femme de Molière au TNM. Quel défi ce rôle représente-t-il?

«Le roman de monsieur de Molière» est une pièce de théâtre qui devait être jouée cet hiver au Théâtre du Nouveau Monde, mais qui a été repoussée à l’hiver 2022. En attendant, la production a eu l’idée de raconter le processus de création de la pièce à travers un documentaire, qui a récemment été présenté en webdiffusion. Dans la pièce, je joue Armande Béjart, la seule femme que Molière ait mariée. Mais une rumeur court selon laquelle Armande serait en fait la fille de Madeleine Béjart et Molière. On aborde donc le sujet de l’inceste et ça laisse place à de belles discussions. Selon moi, Boulgakov, l’auteur de la pièce, marque au fer rouge ce personnage en annonçant directement que c’est la fille de Molière. Avant même qu’elle ouvre la bouche, elle est donc étiquetée comme étant le fruit de l’inceste. C’est vraiment intéressant à jouer. 

Comment avez-vous vécu les derniers mois?

J’ai été très privilégiée et je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. Il y a des projets qui ont été repoussés et d’autres que j’ai dû annuler parce que j’avais des conflits d’horaire. On ne peut pas tout faire en même temps. Juste avant la pandémie, j’avais décidé de m’équiper d’un micro professionnel pour pouvoir faire des voix à la maison, ça m’a pas mal sauvée pendant le confinement. J’ai pu créer, dans mon garde-robe, un studio qui m’a permis de travailler sans sortir de la maison. 

N’avez-vous pas été affectée par la situation?

J’ai juste essayé de lâcher prise. Je n’avais pas envie de développer de l’anxiété, je me suis mise à marcher plus souvent dehors, j’ai fait plus de yoga... J’ai essayé d’être résiliente en me disant que je ne pouvais rien contrôler. Mais je pense que si j’ai réussi à traverser cette période, c’est parce que j’ai pu travailler quelques heures par mois en faisant des voix. Ça m’a gardée active sur le plan créatif. J’ai aussi pu prendre du temps pour moi. 

Diriez-vous que cette pause obligatoire a aussi pu avoir un effet bénéfique?

Je peux dire que j’étais finalement contente d’arrêter, car j’ai dernièrement eu de grosses années, notamment avec l’émission «Nordik», qui m’a fait beaucoup voyager. J’ai pu me reposer et revoir mes priorités. J’ai enfin eu du temps pour moi, pour penser où je voulais aller et me poser la question de ce que je voulais faire pour l’avenir. Il y a beaucoup d’autres affaires que j’ai envie d’apprendre dans la vie. 

Elle a tourné avec son amoureux!  

Très discrète sur sa vie privée, Mylène St-Sauveur a toutefois accepté de tourner avec son amoureux, Ludovick Bourdages, dans une récente scène pour la série «Alertes». En raison de la situation sanitaire, la production n’avait pas beaucoup de solutions pour tourner des scènes de rapprochement et, comme plusieurs autres séries, elle a décidé de faire appel aux véritables conjoints des comédiennes et comédiens. Mylène St-Sauveur a indiqué que Ludovick avait été adorable et patient durant le tournage, même si ce n’est pas son métier. Ludovick Bourdages est, en effet, journaliste et animateur à RDI et à la première chaîne de Radio-Canada.

«Alertes», lundi à 21 h, à TVA. La dernière saison des «Pays d’en haut» est offerte sur Tou.tv Extra.