/news/world

Réparer les torts de l'esclavage: un premier vote «historique» prévu au Congrès américain

Le Congrès américain votera en commission pour la première fois de son histoire la semaine prochaine sur un projet de loi entrouvrant, timidement, la porte à l'indemnisation des descendants d'esclaves noirs, une question sensible dans un pays où les inégalités restent fortes.

«Ce texte, présenté pour la première fois il y a près de 30 ans, prévoit la création d'une commission pour étudier l'esclavage et les discriminations aux États-Unis depuis 1619 et recommander des réponses adéquates», a écrit vendredi la commission judiciaire de la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

Elle a prévu des débats et un vote en commission mercredi.

Cette étape, inédite, ouvre la voie à un possible vote en séance plénière à la Chambre, dont la date n'a toutefois pas été fixée. L'avenir de ce texte reste incertain au Sénat.

«Bien longtemps après l'abolition de l'esclavage, la ségrégation et l'asservissement des Afro-américains ont en partie déterminé les politiques de ce pays, qui ont à leur tour façonné ses valeurs et ses institutions», a déclaré le président de la commission, le démocrate Jerry Nadler.

«Aujourd'hui, nous vivons encore avec des inégalités raciales dans l'accès à l'éducation, à la santé, au logement, aux assurances, à l'emploi et à d'autres biens de la société, qui sont directement imputables à l'héritage de l'esclavage et aux discriminations raciales ayant été soutenues par les autorités», a-t-il ajouté.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a salué l'étude «historique» en commission de cette loi, appelée HR40.

«Le Congrès s'est assis sur HR40 pendant 30 ans et cet examen et ce vote démontrent que nos élus écoutent enfin la volonté des millions de personnes qui exigent que nous commencions à compenser les communautés les plus frappées par le racisme et l'oppression», a dénoncé une responsable de l'organisation, Jennifer Bellamy.

Bien qu'il s'agisse d'«un pas important dans la bonne direction, cela ne marque que le début», a-t-elle ajouté en promettant de se «battre jusqu'à ce que HR40 soit soumise à un vote en séance plénière».

Fin mars, la petite ville d'Evanston, dans la banlieue de Chicago, avait voté l'octroi de fonds à ses habitants afro-américains pour compenser les torts créés par les discriminations dans le logement, première ville des États-Unis à mettre en œuvre une telle mesure.