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Vers la fin de l'énigme de la disparition de la petite Estelle?

Le sol des Ardennes va-t-il enfin livrer le corps de la petite Estelle Mouzin, disparue en 2003? Depuis mardi, aiguillés par des déclarations inédites de l'ex-femme du tueur en série Michel Fourniret, les enquêteurs creusent une zone forestière dans l'espoir de retrouver l'enfant disparu le plus connu de France.

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C'est la quatrième opération de fouilles depuis l'été. La semaine dernière, un tractopelle a retourné la terre d'une zone marécageuse au sud-ouest d'Issancourt-et-Rummel (nord), bourg de 400 âmes. Désormais, c'est au nord-est du village, dans une vaste zone forestière, que se concentrent les recherches.

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Ces énièmes recherches ont été ordonnées après l'audition jeudi dernier de Monique Olivier par la juge d'instruction Sabine Kheris: l'ancienne complice de «l'Ogre des Ardennes», l'un des pires tueurs en série français, a alors reconnu pour la première fois un rôle dans la séquestration d'Estelle Mouzin.

Âgée de 9 ans, Estelle a été enlevée il y a 18 ans en revenant de l'école, à Guermantes en région parisienne. 

Pendant de longues années, l'enquête est allée d'impasses en culs-de-sac, malgré les efforts incessants du père d'Estelle, Éric Mouzin, déterminé à retrouver la trace de sa fille, dont le visage enfantin, cheveux librement attachés et le cou encadré d'un pull rouge, est connu de tous les Français.

En 2020, Michel Fourniret, condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, a fini par avouer sa responsabilité dans sa disparition, après avoir été mis en cause par Monique Olivier.

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Jusqu'à présent, inculpée pour «complicité», cette dernière avait indiqué qu'Estelle Mouzin avait été séquestrée, violée et étranglée par son ex-mari, dans une maison héritée de la sœur du tueur à Ville-sur-Lumes, un village situé à 4 km d'Issancourt-et-Rumel.

Mais jeudi dernier, Monique Olivier est allée plus loin, en indiquant ce nouveau lieu où «Michel Fourniret lui aurait même demandé de venir le chercher en voiture» après avoir enseveli le corps de la fillette, selon son avocat Richard Delgenes.

«Précises», ces indications sont «prises avec beaucoup de sérieux» par les enquêteurs, assure-t-il à l'AFP.

«Jusqu'à la Belgique»

Ces détails inédits, obtenus «grâce à la relation de confiance établie avec la juge», ouvrent la voie à un nouveau rebondissement dans l'enquête, qui se heurte à la mémoire chancelante et à la santé fragile de Michel Fourniret. À 78 ans, le tueur en série est hospitalisé depuis novembre.

Âgée de 72 ans, son ex-femme, rencontrée par petite annonce il y a trois décennies et avec qui il avait scellé un pacte criminel, est en revanche en parfaite santé et s'affirme au fil des mois comme une pièce maîtresse du puzzle.

Obsédé par les jeunes vierges, «Michel Fourniret a toujours été au plus simple» pour se débarrasser du corps de ses victimes, rappelle Didier Seban, l'avocat de la famille de l'enfant.

Avec ses nouvelles déclarations, Monique Olivier a dessiné le scénario d'un «meurtre à quatre mains», comme pour les précédentes victimes, estime l'avocat. Selon lui, «les fouilles risquent de durer fort longtemps», au regard de l'étendue de la forêt à explorer.

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Un avis partagé par les habitants du village, qui observent curieusement les allées et venues des gendarmes.

«Ça m'étonnerait fort qu'ils trouvent quelque chose par ici», confie Christian Médeau, un retraité de 75 ans qui habite en lisière de bois. «C'est tellement vaste, il y a de quoi se perdre. À partir d'ici, c'est la forêt jusqu'en Belgique».

Huitième juge d'instruction responsable de cette affaire, Sabine Kheris semble toutefois déterminée à retourner méthodiquement chaque lopin de terre suspect sur les terres natales de Michel Fourniret. 

Avant celle de cette semaine, la magistrate a organisé quatre opérations de fouilles depuis l'été, toutes dans cette diagonale d'une vingtaine de kilomètres entre Charleville-Mézières et Sedan où est né «l'Ogre». 

De la maison de Ville-sur-Lumes à Floing, où l'ex-ouvrier fraiseur possédait un terrain, en passant par le château du Sautou à Donchery, vaste domaine où deux victimes de Michel Fourniret ont déjà été retrouvées, la caravane des enquêteurs continue à écumer cette zone si familière au tueur en série. Avec l'espoir, cette fois, de toucher enfin au but.