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Violence conjugale: dénoncer, un processus judiciaire ardu

S’il est important pour les victimes de violence conjugale de dénoncer leur agresseur, la marge entre le dire et le faire est tout de même conséquente alors que la dénonciation représente un processus judiciaire particulièrement compliqué.

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Caroline (nom fictif) en sait quelque chose. Jeudi, celui qui lui a fait vivre l’enfer pendant 19 ans a pris le chemin de la prison au terme d’un long procès. «Je crois que c’est un miracle que je sois encore en vie aujourd’hui.»

La jeune femme a subi quotidiennement les insultes et les assauts de son conjoint violent.

«Tous les jours, il y avait de la violence. Si ce n’était pas de la violence physique, c’était de la violence verbale. J’avais vraiment peur pour mes enfants. Je dormais avec un marteau à côté de moi. Je ne dormais plus. Je faisais des cauchemars», a-t-elle témoigné.

Craignant pour la vie de ses enfants, elle a fini par trouver le courage de porter plainte et, sous les conseils d’un policier, a trouvé refuge dans une maison pour femmes violentées.

«Vraiment [...], je pense que c’est ce qui m’a le plus plus aidée. Les femmes nous comprennent, ils en ont vu plusieurs. Elles nous écoutent. [...] J’ai remercié le policier plusieurs fois parce que je pense que c’est la plus belle chose que j’ai faite dans ma vie», a-t-elle soutenu.

Son bourreau a écopé de trente mois de prison au terme de son procès jeudi, mais en raison de la détention préventive, il ne lui reste que six mois à purger.

Une sentence qui laisse Caroline songeuse. «Je me demande quel message ça va laisser à la société, quel message que ça fait à ces hommes-là.»

Les huit féminicides en huit semaines que le Québec a connus l’ont ébranlée. Elle a d’ailleurs encouragé les victimes à dénoncer, même si le processus judiciaire est loin d’être facile.

«Je sais que mes enfants ont vécu beaucoup de choses et qu’ils ne méritaient pas ça. On me dit de ne pas avoir de regrets, d’avancer et d’être fière des décisions que j’ai prises dans les dernières années, mais c’est sûr que je m’en veux encore de ne pas l’avoir fait avant», a-t-elle expliqué.

Le procès terminé, il faut maintenant se reconstruire. Un processus de guérison qui risque de ne pas être facile.

«Mon rêve est simple : c’est seulement de pouvoir vivre sans la peur. Vivre une vie normale, vivre sans que mon bourreau puisse venir nous faire du mal à moi et mes enfants.»