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Congrès libéral: un discours à saveur électorale pour Justin Trudeau

Justin Trudeau a livré samedi un discours à forte saveur électorale au congrès du Parti libéral, samedi, en mettant de l’avant son bilan de la gestion de la pandémie et en attaquant ses adversaires conservateurs et bloquistes.

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«[...] Tendez la main à un voisin qui avait une pancarte bleue, orange ou verte sur sa pelouse la dernière fois. Téléphonez à un ami qui a un point de vue différent, et qui n'a peut-être pas voté pour nous dans le passé», a demandé M. Trudeau aux militants de son parti, réunis pour le premier congrès entièrement virtuel de l’histoire.

«Parlez-leur du plan que l'équipe libérale est en train d'élaborer ensemble, avec de l'espoir et du travail», a enchaîné le premier ministre.

Alors que ce sont calmées les spéculations sur des élections à la fin du printemps, le spectre d’une élection éclair au courant ou à la fin de l’été reste bien vivant.

Et après une année hors de l’ordinaire, rarement le gouvernement fédéral n’a joué un rôle aussi important dans le quotidien des Canadiens.

Le contexte a fourni aux libéraux les coudées franches pour adopter des politiques sociales plus généreuses, justifiant à leurs yeux une explosion du déficit.

«L’année dernière, plus de 8 millions de personnes ont eu recours à de l’aide financière fédérale pour payer leur loyer et mettre de la nourriture sur la table, et on a déployé les Forces armées et la Croix-Rouge canadienne dans les CHSLD pour aider nos personnes âgées les plus vulnérables», a prononcé Justin Trudeau.

La popularité des programmes d’aide a pavé la voie à l’adoption d’une résolution pour inclure un Revenu de base garanti (RBG), une résolution qui a été adoptée avec une forte majorité de délégués.

L’opposition attaquée de front 

Le chef libéral a profité de la conjoncture historique favorisant de plus grands investissements d’Ottawa pour livrer quelques salves à son principal adversaire, le chef conservateur Erin O’Toole, qu’il a à plusieurs reprises qualifié de «déconnecté» - notamment en l'accusant de vouloir couper l'aide d'urgence.

Il a aussi abordé la question des changements climatiques en rappelant que les conservateurs sont toujours divisés sur la réalité de leur existence même, comme l'a illustré le congrès du PCC en mars.

À ce sujet, les délégués libéraux ont voté en faveur de toutes les résolutions proposant une relance économique verte, passant notamment par la construction d’un train à grande vitesse électrique.

Les déléguées ont toutefois renoncé à une résolution visant à mettre un terme aux subventions accordées au secteur des énergies fossiles et nucléaire. Il s’agissait d’une proposition de l’aile québécoise du PLC.

Le chef libéral s’est aussi attaqué au Bloc québécois, qui «fait semblant d’être le seul parti qui peut parler au nom des Québécois».

«Quand vient le temps de livrer pour les Québécois, ça prend des Québécois au gouvernement», a prononcé M. Trudeau, un refrain habituel de campagne électorale.

Au terme du congrès, les délégués du Parti ont adopté 35 des 40 résolutions à l’agenda.

Plusieurs de ces résolutions d’inspiration sociale auraient facilement pu paraître dans le cahier des néodémocrates, dont le congrès prendra fin demain.

En plus de la résolution portant sur le Revenu de base garanti, les militants libéraux ont voté en faveur de l’établissement d’un régime universel d’assurance-médicaments.

L’adoption de ces résolutions indique le positionnement idéologique du parti sur une foule de questions, mais ne garantit pas leur introduction dans une éventuelle plateforme électorale.

Justin Trudeau a fait un clin d’œil à l’ancien premier ministre libéral John Turner, décédé au mois de septembre 2020, qui a été au pouvoir quelques mois en 1984.

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