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Cri du cœur au premier ministre pour quelques heures de liberté

Photo courtoisie

Je pense que je parle pour tous les étudiants collégiaux, universitaires et jeunes adultes quand je dis qu’on n’en peut plus.  

Nous sommes conscients que les cas de variants augmentent. Nous sommes conscients qu’ils sont plus transmissibles. Nous sommes conscients qu’il faut protéger nos aînés. Nous sommes conscients que garder les écoles primaires et secondaires ouvertes est important pour la santé mentale des jeunes, mais qu’en est-il de la nôtre? 

On souffre en silence  

Je suis allée une fois au cégep dans les sept derniers mois. 210 jours sans voir mes enseignants ou mes collègues de classe. Je peux compter sur mes deux mains le nombre de fois que j’ai vu mes amis, et ce, à l’extérieur pour faire une marche. On souffre. On ne peut rien faire d’autre que souffrir en silence et aujourd’hui, je décide de briser ce silence. 

On souffre. La vérité est dure à entendre. Elle est crue. La vérité, c’est que les jeunes adultes autour de moi sont en dépression. C’est que mes amis ont des pensées suicidaires. C’est qu’ils ne sont plus motivés. C’est qu’ils ne sont même plus capables d’espérer et de rêver. C’est qu’ils développent des troubles d’anxiété et qu’ils n’ont plus la force de sortir de chez eux. C’est qu’ils sont prêts à lâcher l’école et toute perspective d’avoir un futur. C’est qu’ils perdent toute confiance en eux. C’est qu’ils perdent toute confiance en la vie. 

On souffre. Vous savez quoi, dans les derniers jours, je pouvais enfin voir des sourires que je n’avais pas vus depuis un an. Pourquoi? Parce qu’il commençait à faire beau et que nous pouvions enfin passer des soirées à l’extérieur, dans les parcs, à manger, jaser et rire. 

Rire. Une autre chose que je n’avais pas vue depuis un an. Après des journées entières sur un écran, nos soirées, qui finissaient à 21h30, étaient la seule chose à laquelle nous pouvions nous accrocher. 

Pour tout dire, j’ai passé plus de temps devant un écran dans les derniers mois que j’en ai passé dans ma vie. De 8 heures du matin à 6 heures du soir, enfermée dans ma maison, à essayer de trouver la motivation pour écouter mes cours. 

Le couvre-feu à 21h30  

On souffre. Je vous supplie, M. Legault, de revenir sur votre décision de mettre le couvre-feu à 20 heures. 

Cela veut dire que l’once de joie de vivre que j’ai pu voir sur le visage de mes proches va s’effacer. Cela veut dire, sans exagération, que je vais avoir peur pour non seulement la santé mentale de mes proches, mais carrément pour leur vie. 

On souffre. Cela veut dire que le peu d’heures de liberté que nous avions dans une journée nous est dérobé, une fois de plus. 

Je vous annonce que cette fois de plus est la fois de trop. Nous avons tellement pris sur nous dans la dernière année qu’on croule sous la fatigue, le manque d’énergie, l’insomnie, la culpabilité, l’échec et la tristesse. L’annonce de cette semaine est la goutte de trop. La goutte qui va détruire tellement de jeunes Québécois. 

Je vous demande, du plus profond de mon cœur, de nous laisser les seules heures que nous avions dans notre journée pour nous changer les idées. Je vous en prie, ne nous enlevez pas la seule chose qui nous restait. 

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