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Cuba: les combats de coqs épargnés de la loi sur le bien-être animal

Photo Mathieu Dupuis

Cuba a publié samedi son décret-loi sur le bien-être animal, le premier dans l'histoire du pays, avec des amendes en cas de maltraitance mais en laissant autorisés les combats de coqs et sacrifices religieux.

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La législation est considérée comme une victoire de la société civile, qui voit pour la première fois une de ses demandes traduite en loi.

Le 7 avril 2019, quelque 500 personnes avaient défilé à La Havane pour réclamer une loi protégeant les animaux, la première manifestation indépendante et non politique jamais autorisée par l'Etat cubain. En février, une vingtaine de défenseurs des animaux s'étaient à nouveau rassemblés face au ministère de l'Agriculture.

«La mise en place de dispositions normatives qui garantissent le bien-être animal et font prendre conscience à notre population sur le soin et le respect aux animaux est une demande de notre société», souligne le décret, publié par le Conseil d'Etat.

L'objectif est de «parvenir à une relation harmonieuse entre les êtres humains et le reste des espèces, comme condition indispensable à l'existence de tous», ajoute-t-il.

Dans son article 9, le texte «interdit aux personnes de provoquer l'affrontement entre animaux de n'importe quelle espèce, sauf exception approuvée par l'autorité compétente».

Les combats de chiens sont ainsi interdits, mais ceux de coqs, tradition très ancrée à Cuba puisque même la propriété familiale de Fidel Castro comptait une arène dédiée à cette activité, restent autorisés s'ils ont lieu dans le cadre de clubs spécifiques supervisés par l'État.

De même, les sacrifices d'animaux par la santeria, religion syncrétique originaire du Nigeria et apportée à Cuba par les esclaves, restent autorisés. Le décret stipule toutefois que «le sacrifice d'animaux doit être réalisé avec compassion et rapidité, pour éviter douleur et stress».

La norme juridique considère comme animaux à protéger «tout mammifère, oiseaux, abeilles, reptiles, poissons, mollusques, crustacés et amphibiens», définissant comme bien-être animal «l'état adéquat, du point de vue physique et mental, d'un animal dans ses conditions de vie et de mort».

Les animaux «doivent être pris en charge, soignés et protégés par l'homme», dit le décret, qui prévoit des amendes entre 500 et 4 000 pesos (21 à 167 dollars) en cas de maltraitance.