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Le temps des sucres officiellement reconnu comme patrimoine du Québec

COURTOISIE/VILLE DE MONTRÉAL

Au moment où le temps des sucres bat son plein, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, annoncera demain que cette tradition sera inscrite officiellement à la liste du «patrimoine immatériel» du Québec.

Le «temps des sucres» ira donc rejoindre le «fléché», les «savoir-faire textiles transmis au sein des Cercles de Fermières du Québec» et «la veillée de danse» sur cette liste très exclusive, selon ce qu’a appris l’Agence QMI.

Cette désignation, selon la Loi sur le patrimoine, est avant tout symbolique et n’entraînera aucune obligation pour les acériculteurs et autres amants ou producteurs de sirop d’érable. Elle vise plutôt à favoriser la connaissance de cette tradition toute québécoise, à la sauvegarder, à la mettre en valeur et à la transmettre.

Plutôt méconnu en comparaison des bâtiments et/ou des personnes qui sont reconnus par la Loi sur le patrimoine, le «patrimoine immatériel» désigne des «éléments qui peuvent se transmettre d'une personne à une autre ou d'un groupe à un autre», selon la définition du ministère de la Culture et des Communications.

On parle donc de savoir-faire, de connaissances, d’expressions, de pratiques et de représentations.

Au niveau mondial, par exemple, l’UNESCO reconnaît entre autres le reggae de Jamaïque, la fabrication des orgues en Allemagne, le yoga en Inde et l'art napolitain de tourner la pizza comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Cette demande de reconnaissance était portée par les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) depuis 2015. Le directeur général de l’association, Simon Trépanier, se réjouit de la nouvelle.

«Encore aujourd’hui, le fait d’aller acheter nos produits d’érables pour la maison, ça nous vient de la tradition d’aller à la cabane, a-t-il fait valoir. Même si ça a tendance à se perdre un peu dans la population urbaine, ça demeure très ancré.»

La province est aujourd’hui le premier producteur de sirop d’érable à l’échelle de la planète. Elle fournit environ 70 % de la récolte mondiale qui est ensuite écoulée principalement aux États-Unis et en Europe, mais aussi au Japon. On dénombre plus de 6700 entreprises acéricoles au Québec.

Mais l’industrie est durement affectée par les restrictions sanitaires en place pour lutter contre la COVID-19, particulièrement celles qui possèdent des cabanes à sucre où des repas sont servis et qui doivent rester fermées en pleine saison haute.

Une situation qui ne serait pas étrangère à cette nouvelle reconnaissance, croit la directrice des communications corporatives des PPAQ, Hélène Normandin.

«La pandémie aura fait qu’on se sera rendu compte de l’importance de cette tradition-là», a-t-elle dit.

Les PPAQ espèrent d’ailleurs que cette nouvelle reconnaissance pourra aussi se concrétiser en aides gouvernementales pour aider à la commercialisation des produits de l’érable, particulièrement en ligne.