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L’usine des Mini Babybel bleus doit ralentir sa production

Thierry Vialard, directeur de l’usine Bel, à Sorel-Tracy. Il est également vice-président aux opérations.

Photo Martin Alarie

Thierry Vialard, directeur de l’usine Bel, à Sorel-Tracy. Il est également vice-président aux opérations.

En raison du manque de main-d’œuvre, la nouvelle usine de 87 millions $ du groupe Bel à Sorel-Tracy, qui doit être responsable de la production de tous les Mini Babybel pour le Canada, est incapable de tourner à plein régime.

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« Le manque de main-d’œuvre est un sérieux défi qui nous bloque dans notre développement », a concédé au Journal Thierry Vialard, directeur de l’usine ouverte en août dernier et vice-président aux opérations.

En ce moment, la direction est encore à la recherche de 25 travailleurs afin de pouvoir ouvrir un quart de travail de nuit, mais les CV ne pleuvent pas. Conséquence : l’usine roule à environ 60 % de sa capacité de production. 

L’objectif initial était d’être à 100 % au maximum vers la fin 2020. La direction espère maintenant avoir comblé ses besoins d’ici l’automne.

Ce manque de travailleurs force la direction à continuer d’importer des Mini Babybel rouge de France pour répondre à la demande canadienne. Ce qui signifie que les producteurs laitiers d’ici écopent aussi de cette situation.

Le groupe Bel a notamment comme partenaire la Laiterie Chalifoux.

« Ce sont nos agriculteurs qui se trouvent finalement impactés. On continue d’utiliser du lait européen au lieu du lait canadien. C’est ce qui se passe », avance M. Vialard, ajoutant que la course aux talents touche également plusieurs autres fromageries ou laiteries du Québec. 

Actuellement, l’usine de Bel à Sorel-Tracy reçoit, chaque jour, environ 70 000 litres de lait. Elle pourrait traiter le double de cette quantité.

Environ 130 personnes travaillent dans cet établissement. Il s’agit de la seule installation industrielle du groupe au Canada. La direction ne cache pas que cette situation a des impacts financiers importants sur l’entreprise.

Long et complexe

« L’usine est neuve. On savait que le défi de la main-d’œuvre allait être important. Nous avons fait nos devoirs. Nous avons travaillé pour recruter et mettre en place tous les outils possibles pour attirer du monde », raconte M. Vialard, qui a embauché une quinzaine de travailleurs étrangers.

Comme plusieurs autres entrepreneurs, il juge toutefois complexes les démarches pour faire venir des cerveaux de l’international. Il dit avoir dû patienter neuf mois pour certains de ses employés.

« Les processus d’immigration sont très longs », déplore M. Vialard, qui a recruté du côté du Maroc, de la France et de la Côte d’Ivoire. « Oui, on continue de regarder cette avenue », ajoute-t-il, ne fondant toutefois pas trop d’espoir sur cette option pour régler ses problèmes à court terme.

Le Groupe Bel cherche à pourvoir, entre autres, des postes d’opérateurs, de techniciens de maintenance et de fromagers.

La direction avoue que le manque de main-d’œuvre pourrait freiner les prochains projets de croissance de la multinationale en sol québécois. 

« C’est certain que tous les investissements pour amener de nouveaux types de produits ici vont être étudiés à la lumière de la rareté des travailleurs », conclut M. Vialard.

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