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Six mois de prison pour une gardienne qui a battu un bébé

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Une gardienne qui a frappé à répétition un bébé de 8 mois à peine 30 minutes après le début de son premier quart de travail passera six mois en prison, a ordonné un juge en rappelant l’importance de prendre soin des mineurs.

« La protection des enfants est l’une des valeurs les plus fondamentales de notre société », a affirmé le juge Yvan Poulin en condamnant Aisha Thornton, il y a quelques jours au palais de justice de Montréal.

Thornton, 44 ans, a commis son crime en mars 2018, alors qu’elle venait tout juste d’obtenir un emploi de gardiennage auprès d’une famille montréalaise. Et juste après s’être retrouvée seule avec le bambin, elle l’a sorti de son berceau pour, sans aucune raison apparente, le maltraiter. 

Sauf que ce qu’elle ignorait, c’est que les parents avaient installé une caméra de surveillance, et que la mère était justement en train de la visionner.

« La mère a vu Mme Thornton frapper son enfant à la tête, avec les deux mains ouvertes, a expliqué le juge. La vidéo montre six à huit coups. »

Pas une première

Immédiatement, la maman est rentrée à la maison et la police a été contactée. Arrêtée, Thornton a finalement plaidé coupable de voies de fait. L’enfant, heureusement, n’a pas subi de séquelles.

Après vérification, il s’est avéré que ce n’était pas la première fois que la criminelle s’en prenait à un enfant. En 2007, elle avait abandonné un garçon qu’elle avait à sa charge, écopant d’une sentence avec sursis de 18 mois.

Puis, en 2010, elle a été condamnée à une autre sentence avec sursis, cette fois de 15 mois, pour des voies de fait causant des lésions à un bébé de 3 ans.

« Vulnérable et sans défense »

Malgré tout, Thornton estimait que son dernier crime ne méritait pas une inscription supplémentaire à son dossier, et réclamait l’absolution.

Le juge Poulin n’a toutefois pas accepté cette demande, la jugeant trop clémente.

« Les sentences imposées pour les crimes qui impliquent de l’abus envers les enfants doivent refléter la faute et les dommages pour s’en être prise à un être humain vulnérable et sans défense », a-t-il dit.

D’autant plus que les parents, même s’ils n’étaient aucunement responsables de ce qui s’était passé, se sont sentis coupables d’avoir laissé leur bébé entre les mains de la femme.

« Ils ont expliqué qu’ils ne veulent pas que d’autres enfants soient victimes de cette femme mal intentionnée », a dit le magistrat.

Ainsi, il a plutôt condamné la femme à six mois moins un jour de prison, assorti d’une probation de trois ans.

Aisha Thornton risque ensuite d’avoir des problèmes avec l’immigration, car elle est engagée dans un processus pour obtenir sa résidence permanente.