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Près de 150 000 postes vacants

Businessman stressed out at work

Photo Adobe Stock

Le manque de main-d’œuvre continue de faire mal à l’économie québécoise, alors que plusieurs entreprises doivent refuser des contrats ou réduire leur production. Au Québec, il y a près de 150 000 postes vacants.

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Et ce nombre pourrait continuer de grimper, au cours des prochains mois, concède Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. Pourquoi ? Notamment parce que la main-d’œuvre vieillit. 

« Dans les conditions actuelles, est-ce que ces gens vont vouloir continuer de s’exposer ? Il va peut-être y avoir moins de volontaires », prévient-elle. « La pandémie peut avoir également accéléré des départs à la retraite. »

Au quatrième trimestre de 2020, soit entre octobre et décembre, la province comptait 148 460 postes vacants, soit 21 730 de plus que pour cette même période en 2019.

Impacts 

Cette situation affecte, aujourd’hui, plusieurs compagnies, comme la multinationale Bel qui est incapable de produire tous ses Mini Babybel en sol québécois, ou encore le Groupe Canam qui doit dire non à des contrats. 

« C’est un gros défi. À l’heure actuelle, on refuse de l’ouvrage, car nous n’avons pas de monde », disait cette semaine Marcel Dutil, président du conseil du Groupe Canam, dans le cadre de l’acquisition de Supermétal.

Au cours des dernières semaines, lors de l’ouverture des salles à manger des restaurants, plusieurs entrepreneurs ont également souligné publiquement être incapables de recruter la main-d’œuvre pour répondre à leurs besoins.

Selon un rapport de l’Institut du Québec (IDQ), les secteurs où les besoins sont les plus alarmants sont les « soins de santé et l’assistance sociale ». 

« On peut comprendre pourquoi. L’épuisement des ressources, les gens qui sont malades et les besoins accrus. Ce sont trois raisons qui font en sorte que nous avons besoin de plus de monde », avance Mme Noreau. 

Au 4e trimestre, selon le rapport de l’IDQ, la demande a explosé dans les hôpitaux avec 8420 postes vacants de plus qu’en 2019. 

Le commerce de gros et de détail ainsi que le secteur de la fabrication ont aussi enregistré une hausse du nombre de postes vacants.

Un défi pour encore longtemps 

Pour le premier trimestre de 2021, selon Statistique Canada, 19,5 % des entreprises estimaient que la pénurie de main-d’œuvre allait être un obstacle. Ce pourcentage grimpait à 23 % dans le manufacturier.

« Le recrutement va demeurer un défi pour les prochains mois (lors de l’ouverture des industries actuellement sur pause). Il ne faut pas oublier que c’était aussi le cas avant la pandémie », souligne Mme Noreau.

Ces derniers mois, le gouvernement a déployé d’importantes sommes afin de mettre sur pied de nouveaux programmes pour aider les chercheurs d’emploi frappés par la pandémie à réorienter leur carrière. 

Dans un rapport, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante écrivait récemment que 67 % des PME d’ici éprouvent des problèmes de main-d’œuvre, et 26 % ont dû refuser des ventes ou des contrats.

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