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Un statut permanent pour tous les migrants réclame QS

PHOTO 24H, CAMILLE LALANCETTE

Les migrants comblent des milliers d’emplois essentiels au Québec, mais ils redoutent d’être expulsés du pays chaque jour, ce qui consterne le député solidaire Andrès Fontecilla. Entouré d’une centaine de manifestants samedi, il a demandé la création d’un programme de régularisation des statuts pour les migrants.

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Réunis devant les bureaux du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l’Intégration à Montréal, les manifestants ont déploré la situation précaire des travailleurs migrants. Ils demandaient la reconnaissance des compétences, l’accès aux prestations sociales, l’accès à la RAMQ et de meilleures protections pour les étudiants internationaux.

«Ces personnes-là vivent dans la peur, la crainte et souvent dans la pauvreté. Chaque fois qu’ils sont en contact avec des personnes d’autorité ils ont peur d’être renvoyés dans leur pays, ils ont peur d’aller à l’hôpital et ils vont souvent gagner le salaire minimum», explique le député solidaire de Laurier-Dorion.

Grace Meyanwi Anye a fui le Cameroun pour trouver la sécurité au Canada. Elle a été engagée dans une entreprise avicole de l’Estrie par le biais d’un permis de travail fermé qui est en quelque sorte un contrat de travail.

Ce permis de travail assure aux migrants d’avoir un emploi à leur arrivée au Canada, mais les empêche de chercher un emploi dans un autre secteur ou de suivre une formation.

À ses premières semaines d’embauche, Mme Meyanwi faisait des tâches domestiques malgré le fait que son permis indiquait uniquement de faire des travaux agricoles.

Sa relation avec son employeur est devenue houleuse après sa fracture à la cheville qui lui a valu un arrêt de travail de près de deux mois. Elle subissait des pressions pour revenir au travail plus vite en plus d’être menacée d’être coupée de son poste. «On me disait qu’ils allaient me renvoyer dans l’avion, que je devais dire oui parce qu’on allait me renvoyer dans mon pays», dit-elle.

Rachid Azdin s’est établi à Drummondville en septembre dernier avec sa femme et ses quatre enfants. C’est lui qui peine à combler les besoins financiers de sa famille n’ayant qu’un seul salaire à la maison.

«Avec un salaire - je vais le dire, misérable- de 18 $ de l’heure, je n’arrive pas à nourrir ma famille», dit le soudeur qui a une formation de soudeur-scaphandrier.

«Quand le gouvernement donne le pouvoir discrétionnaire à l’employeur, après il fait ce qu’il veut [...] On ramène les migrants, mais on les mets à un seul employeur ferme, c’est de l’esclavage moderne selon moi», lance M. Azdin qui déplore les difficultés à changer d’emploi en plus de ne pas avoir accès aux allocations familiales.

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