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Une plainte de harcèlement contre un maire

Bloc justice

Photo d'archives, Fotolia

Le maire de Sainte-Marie-Madeleine, sur la Rive-Sud de Montréal, est visé par une enquête pour harcèlement psychologique, 13 jours après avoir reçu sa sentence pour s’être placé en situation de conflit d’intérêts.  

« C’est le DG qui porte une plainte de harcèlement psychologique. C’est sur enquête, donc je ne peux pas rien dire. C’est ce que me conseillent les avocats », a déclaré Gilles Carpentier, joint par Le Journal.  

Mardi dernier, le conseil municipal de la Paroisse de Sainte-Marie-Madeleine a mandaté une firme externe afin qu’elle enquête à la suite d’une plainte pour harcèlement psychologique signifiée par l’employé 432.  

Le maire n’a pas présidé cette séance pour ne pas se placer en situation de conflit d’intérêts et le directeur général de l’endroit, Michel Morneau, était absent.  

Selon la loi, la Ville est tenue de préserver l’identité du plaignant.

Colère et ingérence 

Selon nos informations, on reproche, entre autres, à M. Carpentier de s’ingérer dans les mandats du DG et de le rabrouer constamment de façon colérique, parfois même devant les autres employés et élus.  

Joint au téléphone, M. Morneau, qui compte une vingtaine d’années d’expérience dans le monde municipal, a indiqué qu’il ne pouvait pas légalement commenter. 

Ce n’est pas la première fois que le maire de la communauté de 2947 habitants se retrouve dans l’eau chaude. 

Le 24 mars, il a plaidé coupable devant la Commission municipale du Québec d’avoir agi de manière à favoriser ses intérêts personnels en demandant que des travaux d’asphaltage prévus par la municipalité soient prolongés jusqu’à sa maison.  

Sa sentence de 45 jours de suspension rendue le 31 mars prendra effet à partir du 16 avril.  

Méfiance mutuelle 

Que ce soit dans des petites communautés comme Sainte-Marie-Madeleine ou même dans des arrondissements montréalais comme Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, les cas de harcèlement psychologique semblent faire davantage les manchettes depuis quelques années, convient Danielle Pilette, experte en gestion municipale.  

« Actuellement, les enjeux sont plus grands qu’avant, principalement sur les questions de développement des municipalités. De plus, il y a aussi une méfiance mutuelle entre élus et fonctionnaires qui se sentent tous deux investis de missions différentes », mentionne celle qui enseigne à l’Université du Québec à Montréal.