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Des terres agricoles redeviendront sauvages dans Lanaudière

Des îles de l'archipel du lac Saint-Pierre, dans le secteur de Berthierville, utilisées comme terres agricoles depuis 1683, redeviendront sauvages dès ce printemps, ce qui aura notamment pour effet de préserver l’habitat des nombreuses espèces d’oiseaux qui y trouvent refuge.

La Société de conservation d'interprétation et de recherche de Berthier et de ses îles (SCIRBI), dont la mission est d'entretenir les sentiers et de faire l'interprétation des lieux, est en voie de terminer le réensauvagement de l’île aux Castors et celle du Mitan.

«L'été dernier, 102 hectares ont été réaménagés avec une végétation naturelle, des prairies, des marécages arbustifs et arborescents, et dès le retrait des eaux ce printemps, 72 hectares seront semés en foin, une culture pérenne qui servira de refuge aux oiseaux et aux petits animaux», explique Alexandre Nicole, biologiste à l'emploi de la SCIRBI.

Les îles aux Castors et du Mitan sont adjacentes à l'île de la Commune, connue comme l'un des sites agricoles les plus anciens du Québec utilisé depuis 1683 comme pâturage pour les troupeaux. Dans les années 50, on comptait jusqu'à 700 bovins qui venaient d'aussi loin que Saint-Roch-de-l'Achigan ou Louiseville pour y passer l'été.

«Sur nos terres, on a voulu retirer l'agriculture du littoral, en réaction à la chute de population de la perchaude qui est affectée par l'agriculture pratiquée aux abords du lac Saint-Pierre», dit Alexandre Nicole.

Très fréquentées par les oiseaux

Dans la portion qui sera semée en foin, les champs ne seront fauchés qu'après la période de couvaison des oiseaux afin de ne pas nuire à leur reproduction.

Marcel Harnois, auteur du récent livre «À la découverte des oiseaux de Lanaudière», publié par la Société d'ornithologie de Lanaudière, espère que le projet contribuera à sauver certaines espèces d'oiseaux en péril.

«Les goglus des prés, les hirondelles et les alouettes sont des oiseaux qui nichent dans les champs de foin. Ils deviennent de plus en plus rares à cause du fauchage en milieu d'été qui nuit à leur couvaison», dit-il.

Tel que décrit dans son livre, les îles de Berthier font partie des meilleurs endroits pour observer les oiseaux au Québec, signale M. Harnois. «Le marais de l'île de la Commune dégèle vers la mi-avril. C'est un très bon moment pour y observer plusieurs espèces d'oiseaux.»

La SCIRBI finançait ses activités d'interprétation et d'entretien des sentiers en louant les terres agricoles des îles aux Castors et du Mitan, dont il est propriétaire, pour la culture du maïs et du soya. L'organisme devra trouver d'autres sources de financement. «On va sonder la population, voir si les gens sont prêts à payer à l'utilisation ou si nous pourrions offrir d'autres services payants», confie Alexandre Nicole.