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Les femmes et la violence conjugale: Ne laissons personne de côté

Dans les médias, un sujet revient malheureusement régulièrement à la une: la violence conjugale. 

Depuis le début de l’année, rappelons-le pour ne jamais l’oublier, huit femmes -Elisapee Angma, Marly Édouard, Nancy Roy, Myriam Dallaire, Sylvie Bisson, Nadège Jolicœur, Rebekah Harry, Kataluk Paningayak- ont été tuées : coups de pied, coups de poing, crâne fracassé par un « objet contondant », coups de hache... Juste l’écrire donne des frissons. Je n’ose imaginer les dernières pensées de ces femmes violentées. 

La succession rapide de ces décès a fait réaliser que le problème est là, exacerbé par la pandémie et que rien ne semble pouvoir en venir à bout. Toujours des larmes.

Des hommes solidaires  

Des hommes, comme Étienne Boulay et Ricardo Lamour prennent la parole pour dire « C’est assez! » Les hommes se sentent interpellés. Touchés. Des hommes qui voient bien que les victimes de violence conjugale sont majoritairement des femmes et que leurs agresseurs sont majoritairement des hommes. Des hommes qui ne font pas les autruches et qui sont solidaires des femmes. Qui demandent aux hommes violents de demander de l’aide. De parler.

Une grande marche « Pas une de plus » pour dénoncer la violence en contexte conjugale a eu lieu le vendredi 2 avril.

Le sénateur Pierre-Hughes Boisvenu a déposé un projet de loi pour que les mots deviennent enfin des actions. 

Première action : il a écouté les femmes. Une centaine de femmes victimes de violence conjugale ont été consultées. « On leur a demandé comment le Code criminel et le système de justice peuvent mieux les protéger », a dit M. Boisvenu en entrevue.

Il est ressorti de cette consultation que, pour être en mesure de mieux surveiller les hommes accusés de violence conjugale qui sont en attente de procès, le port du bracelet électronique s’avère une solution. Une fois reconnu coupable par un juge, l’agresseur se verrait aussi obligé de suivre une thérapie en violence conjugale. Le sénateur Boisvenu demande également que la victime soit informée de la date de remise en liberté de son ex-conjoint de même que de ses conditions de remises en liberté.

Un pas dans la bonne direction 

Cette loi -qui pourrait être adoptée d’ici la fin juin, selon le sénateur Boisvenu-, est un pas dans la bonne direction. Mais. Car il y a un « mais ». Toutes les femmes victimes de violence conjugale ne sont pas dans une relation de couple «traditionnelle». La violence conjugale n’a pas de frontière. Elle peut être présente dans tous les types de relation de couple, amoureuse ou intime. 

La violence conjugale, c’est lorsqu’au sein d’un couple -au sens large-, l’une des personnes subit des sévices de la part de l’autre.
 

1 : Il n’est pas nécessaire que la victime et l’agresseur aient résidé à la même adresse.
 

2 : Une relation intime n’est pas nécessairement une relation amoureuse. Ainsi, une femme qui entretient une relation basée sur la sexualité avec un homme qui se révélera être un agresseur est une victime de violence conjugale.
 

3 : Une femme qui se retrouve sous l’emprise d’un souteneur est une victime de violence conjugale.
 

4 : Une femme sans domicile fixe qui subit les caresses et les attouchements d’un homme parce qu’elle veut rester avec lui, près de lui, pour se sentir un tant soit peu en sécurité plutôt que de se retrouver seule face aux dangers dans la rue, est aussi une victime de violence conjugale.
 

Donc, oui, le projet de loi du sénateur Pierre-Hughes Boisvenu est un premier pas dans la bonne direction, mais il ne doit pas être le seul.

 

Léonie Couture, Fondatrice et directrice générale de La rue des femmes

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