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Ottawa annule des licences d’exportation vers la Turquie

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Ottawa annule des licences d’exportation d’équipement militaire vers la Turquie après un examen déterminant que des technologies canadienne-Karabaghs ont fort probablement été utilisées l’année dernière lors de la guerre opposant l’Arménie à l’Azerbaïdjan.

Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, François-Philippe Champagne, avait déjà annoncé la suspension des licences d’exportation vers la Turquie l’automne dernier, en attendant les résultats d’une enquête.

À l’époque, des allégations formulées notamment pas la Défense de l’Arménie rapportait que les drones de fabrication turque ont servi dans le conflit du Haut-Karabakh, initié par l’Azerbaïdjan et aidé par la Turquie. Le conflit a été de courte durée et s’est soldé par la victoire de l’Azerbaïdjan et a débouché sur un accord de cessez-le-feu.

Les résultats de l’enquête permettent aujourd’hui de soutenir que du matériel canadien a bel et bien servi.

Le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau a déclaré lundi que «cette utilisation n’était pas conforme à la politique étrangère du Canada ni aux garanties d’utilisation finale fournies par la Turquie».

Lors d’un entretien avec son homologue, le ministre Garneau a rapporté qu’il désirait mettre en place un «mécanisme de dialogue» entre les responsables canadiens et turcs pour «établir une confiance mutuelle et une plus grande collaboration» en lien avec les licences d’exportation.

Le Canada avait déjà suspendu la plupart de ses exportations d’équipement militaire vers la Turquie en octobre 2019 en raison de son invasion du nord-ouest de la Syrie.

Rappelons que Bombardier Produits récréatifs (BRP) avait suspendu de son propre chef l’exportation de ses moteurs Rotax vers des pays qui en feraient un usage militaire après des informations provenant d’Arménie voulant que des drones armés aient été équipés de ceux-ci.

Aussi, un rapport de l’ONG Project Ploughshares alléguait que des capteurs électro-optiques de l’entreprise ontarienne L3Harris WESCAM auraient été installés sur des drones turcs afin de mener des opérations militaires.