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Plaidoyer pour un retour en région

Photo Agence QMI, Claude Giguère

Une femme originaire de l'Abitibi, qui est allée à Montréal pour ses études en pensant y faire sa vie, a tout plaqué et est revenue dans sa région où elle vit le bonheur. Elle incite les plus jeunes à suivre son exemple.

Nancy R. St-Laurent a grandi en Abitibi avant de s'exiler dans la métropole en 2002 pour y compléter des études universitaires en arts visuels. Si elle prévoyait y passer sa vie, le coût exorbitant des maisons et le mal du pays ont eu raison de celle qui est aujourd'hui propriétaire, avec son conjoint, d'une épicerie fine au centre-ville de Val-d'Or.

«Finalement, mon passage de quelques années à Montréal, ça a été pour aller m'y magasiner des diplômes et un chum!» s'exclame-t-elle. Julien Poirier, lui aussi artiste, elle l'a rencontré à l'UQAM. En 2012, après lui avoir fait visiter à quelques reprises sa ville natale, elle l'a ramené en Abitibi. «On lui a même organisé une petite séduction avec ma famille, en lui permettant de tuer son premier orignal!»

Pendant quelques années, Mme St-Laurent a été fonctionnaire et M. Poirier a gouté au travail en domaine minier. S'ils appréciaient ce retour en région, une chose en particulier leur manquait: la diversité alimentaire. «On remplissait la voiture d'aliments qu'on ne peut trouver ici quand on repassait par Montréal.»

L'idée d'ouvrir une épicerie fine a germé et les deux se sont lancés en 2016, ouvrant La Tanière sur la rue la plus achalandée de Val-d'Or, en partenariat avec la firme William J. Walter Saucissier pour le volet charcuteries et saucisses. Fromages fins, olives, huiles, sauces, conserves, bières de microbrasseries et spiritueux se côtoient dans le petit local au grand plaisir des épicuriens de la ville.

«On ressentait ce besoin, mais au départ on n’était pas certains si ça allait marcher, c'était risqué. On a vite constaté que les gens de Val-d'Or sont des voyageurs, des amateurs de bonne bouffe, ils ont aimé notre offre de produits de niche québécois et le succès a été fulgurant», se réjouit l'épicière.

L'arrivée de la pandémie aura eu pour leur commerce le même effet que pour les grandes épiceries et les clients se sont faits encore plus nombreux. Au point où les deux entrepreneurs déménageront au début du mois de mai leur Tanière, qui porte trop bien son nom selon sa copropriétaire, dans un local beaucoup plus grand.

Si c'était à recommencer, prendrait-elle la même décision de quitter la grande ville pour revenir dans sa région? «Absolument, à 100%, je le ferais plus tôt même. Et j'invite les jeunes des régions à faire comme moi : allez en ville, décrochez des diplômes, trouvez une personne que vous aimez et ramenez-la avec vous!»