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Un père de 36 ans en pleine santé foudroyé par le variant

Les variants de la COVID-19 s'attaquent de plus en plus à de jeunes personnes qui n'avaient aucun problème de santé.

Une autre preuve: un jeune père de famille de 36 ans a été admis il y a deux semaines à l'unité des soins intensifs de l'Hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe où TVA Nouvelles a eu un accès exclusif.

Dans la zone chaude des soins intensifs de cet établissement, des infirmières et des médecins sont inquiets. Quatre des onze lits de l'unité réservés aux patients atteints de la COVID-19 sont presque tous occupés par des patients entre 36 et 50 ans.

«On a des jeunes, ce qu'on n’avait pas connu dans la première et deuxième vague», affirme l'infirmière et chef de l'unité, Corine Lajoie.

«Deux de ces jeunes patients ont été placés sous ventilateur», ajoute le Dr Jocelyn Brunet, chef des soins intensifs du CISSS de la Montérégie-Est.

Les patients, dont un père de 36 ans arrivé il y a deux semaines, sont infectés par des variants britanniques.

«C'est surprenant. Il n'avait pas de comorbidité, aucune maladie. Il était en pleine forme», assure le Dr Brunet.

Pendant deux semaines, il a eu une forte médication pour l'endormir et recevoir une ventilation mécanique.

Par mesure de sécurité, on ne nous donne pas accès à sa chambre. On lui parle à distance à l'aide de notre téléphone cellulaire. La voix de Sylvain Afoughe est faible.

«La fatigue, ça va. Ce sont plus les étourdissements quand je me lève qui me dérangent», confie-t-il.

Il ne sait pas où il a été infecté par la COVID-19. Il était en télétravail à la maison et ne sortait seulement que pour reconduire sa fille de 6 ans à l'école et faire l'épicerie.

Son épouse a aussi été contaminée, mais se porte bien. Il appréhende la très longue période de réadaptation qui va suivre.

«Je ne pensais pas qu'en me réveillant je ne pourrais pas marcher», dit-il.

Le père ne sait pas quand il pourra quitter l'hôpital, mais en moyenne, ces jeunes malades restent de trois semaines à un mois aux soins intensifs.

La mère de Sylvain s'inquiète, car elle ne peut pas aller le voir. Les risques d'infection sont trop grands.

«Je sais qu'il a besoin de moi. C'est éprouvant pour une mère», confie Aline Bouete, qui a de bons mots pour les infirmières et les médecins qui répondent à ses nombreux appels téléphoniques et la tiennent constamment informée.

Avant de passer par les soins intensifs, certains de ces patients COVID ont séjourné dans une autre unité de l'Hôpital de St-Hyacinthe qui est maintenant à saturation. Les 15 lits sont occupés.

La pression est de plus en plus grande sur les unités de soins critiques, car d'autres personnes très malades ont aussi besoin de soins.

Selon l'équipe des soins intensifs, si dans quelques jours le nombre de patients COVID continue d’augmenter, cela pourrait signifier que plusieurs personnes n'ont pas respecté les règles sanitaires à Pâques.

Ils sont engagés dans une course contre la montre et espèrent que la vaccination va s'accélérer pour contrer les variants qui affectent de plus en plus de jeunes adultes.