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Entre 20% et 35% de délestage au CHU de Québec

Photo Pierre-Paul Biron

Des salles de chirurgies du CHU de Québec fermeront leurs portes dès mercredi, et ce pour une période indéterminée, repoussant ainsi une centaine de chirurgies par semaine. Des rendez-vous en clinique externe devront aussi être délestés en raison de la situation dans les hôpitaux de la région.

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Craint depuis environ deux semaines à Québec, le délestage frappe aujourd’hui les hôpitaux du CHU de Québec de plein fouet. Une centaine de chirurgies chaque semaine et «quelques centaines» de rendez-vous en clinique externe doivent être annulés ou repoussés.

Si le CHU avait repris environ 90% de ses activités après la deuxième vague, on doit à nouveau faire des choix difficiles.

«Ce n’est plus possible maintenant avec la hausse que nous connaissons. À compter de demain, il y a un délestage d’activités en chirurgie et dans les cliniques externes, qui se situe à hauteur de 20% à 35%», a expliqué en point de presse le Dr Stéphane Bergeron, directeur des services professionnels du CHU de Québec.

Pour les gens touchés par ces décisions et qui seraient inquiets de l’évolution de leur état ou de leurs symptômes, le CHU a annoncé la mise sur pied d’une ligne d’urgence au 418-649-5654, du lundi au vendredi de 8h à 16h.

Manque de main-d’oeuvre 

Ces décisions sont prises en raison de la pression provoquée par les hospitalisations de patients atteints de la COVID-19. Comme l’a indiqué le Dr Bergeron, «quand il faut doter de ressources des unités pour s’occuper de COVID, il nous faut trouver les ressources ailleurs».

«Cette situation, elle nous attriste, on la trouve épouvantable, elle nous écoeure. Mais on n’a pas vraiment le choix. On en est rendu là», a confié le gestionnaire.

La situation est d’autant plus complexe que 66 employés du CHU de Québec sont actuellement sur le carreau, porteurs du virus. 76 autres sont en isolement préventif.

«Ce sont 140 personnes, 140 paires de bras, sur lesquelles on ne peut compter alors que nous sommes en situation de manque. [...] On doit soigner beaucoup plus de gens qu’avant et on est moins nombreux à être en mesure de le faire», se désole le Dr Bergeron.

Le CHU ne croit toutefois pas avoir besoin de solliciter l’aide d’autres régions comme d’autres l’ont fait lors des vagues précédentes. Selon la direction, la «force de frappe» contenue à travers les différentes entités de l’organisation sera suffisante pour affronter le ressac, mais une telle stratégie forcera le délestage, qui pourrait s’accentuer.

«Nous réévaluons la situation plusieurs fois par jour et nous nous adaptons. [...] Il est possible que nous ayons besoin de passer à des niveaux supérieurs de délestage», admet Stéphane Bergeron.

Nouvelles unités 

Pour répondre à la demande, le CHU adaptera également son offre de service en matière d’unités COVID.

Une unité régulière de soins sera ouverte mercredi à l’Hôpital Saint-François-d’Assise, avec une capacité de 6 lits. Au besoin, ce département pourrait compter jusqu’à une trentaine de lits.

Le CHU mettra aussi en place une unité de soins intensifs du côté de l’Hôtel-Dieu de Québec où on retrouvera 10 lits supplémentaires qui serviront lorsque les unités de l’Enfant-Jésus atteindront leur pleine capacité, ce qui ne saurait tarder.

«Actuellement à l’Enfant-Jésus, on a 18 lits et on a 14 patients», précise le Dr Bergeron.

Aide de la population 

À travers les statistiques, les ouvertures d’unités et le délestage, le directeur des services professionnels du CHU a tenu à s’adresser aux employés des différents centres hospitaliers et à la population.

Aux premiers, il a adressé des remerciements sentis pour leur dévouement et aux seconds, un appel à l’aide.

«Vous supportez de façon extraordinaire la population et je me retourne vers [elle] pour lui demander de vous supporter à son tour. La manière de le faire, c’est en se pliant aux demandes de la santé publique. Il faut comprendre que vous êtes tannés. Sur le plancher, ce sont des gens qui en ont ras le bol», a insisté le Dr Bergeron.

S’adressant aux gens qui ne respectent pas les mesures, le gestionnaire a été clair. «Ça s’appelle se tirer dans le pied et empirer notre situation. C’est la dernière chose qu’il faut faire», a-t-il martelé.