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Manoir Liverpool: le CISSS n’était pas au courant des cas de maltraitance

Le Manoir Liverpool

Photo d'archives

Le Manoir Liverpool

Même si sept plaintes visant le Manoir Liverpool ont été déposées entre 2017 et 2020, le CISSS de Chaudière-Appalaches soutient que rien ne laissait croire qu’il y avait des cas de maltraitance à la résidence privée pour aînés de Saint-Romuald.

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C’est notamment ce qui est ressorti de la première journée d’audiences publiques de la coroner Géhane Kamel, au palais de justice de Québec, servant à faire la lumière sur le décès de Jacques Lévesque, survenu au Manoir Liverpool, où il résidait.

Âgé de 60 ans, M. Lévesque est décédé le 26 avril dernier dans des circonstances nébuleuses.

Jacques Lévesque

Photo courtoisie

Jacques Lévesque

Même si une importante éclosion de COVID-19 sévissait à la résidence, M. Lévesque n’avait pas contracté le virus, a confirmé la Dre Liliana Romero, directrice régionale de santé publique, lorsqu’appelée à la barre des témoins.

« Une RPA pas différente des autres »

Questionnés par les avocats de la coroner, des représentants du CISSS ont tous affirmé que rien ne laissait présager des cas de maltraitance avant la publication, à la fin du mois d’avril, du reportage de Radio-Canada à ce sujet.

La coroner Géhane Kamel (photo) a questionné la direction du CISSS de Chaudière-Appalaches toute la journée, lundi, dans le but de comprendre les circonstances entourant le décès de Jacques Lévesque.

Photo Stevens LeBlanc

La coroner Géhane Kamel (photo) a questionné la direction du CISSS de Chaudière-Appalaches toute la journée, lundi, dans le but de comprendre les circonstances entourant le décès de Jacques Lévesque.

« Toutes nos indications, tous les documents, tous nos indicateurs indiquaient que c’était une RPA [résidence privée pour aînés] pas différente des autres, point », a pour sa part affirmé Daniel Paré, qui était à l’époque PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches. Il est désormais président de la campagne de vaccination au Québec.

Plaintes

M. Paré a par ailleurs affirmé que la Commissaire aux plaintes, qui reçoit près de 1000 plaintes annuellement pour l’ensemble des résidences et centres d’hébergement du territoire, ne l’avait pas informé des plaintes visant le Manoir Liverpool, en raison de leur « nature ».

D’autres types de manquements, notamment concernant la qualité de la nourriture, « la structure organisationnelle et la transmission de l’information », le roulement du personnel et d’importantes lacunes entourant la mise en place de normes sanitaires en pleine éclosion de COVID-19, ont toutefois été rapportés par les témoins.

L’une des sœurs de M. Lévesque, qui suit les audiences de très près, affirme être soulagée de savoir qu’elle aura enfin « la vraie version » des tristes événements qui ont emporté son frère.

« Nous n’avons aucune idée de ce qui s’est passé. On nous dit qu’il s’est peut-être étouffé, mais encore là, il y a tellement de versions qui ont circulé », affirme Julie Lévesque.

Les audiences se poursuivent toute la semaine. La famille de M. Lévesque témoignera mardi.

Ce qu'ils ont dit   

« Dans le cas particulier de Liverpool, c’était sept plaintes sur trois ans, ça ne sortait pas du lot. »

—Daniel Paré, ancien PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches

« Est-ce qu’il y a des journées où des bains étaient prévus, qui n’ont pas été donnés par manque d’effectif ? Oui. »

—David Lacombe, gestionnaire au CISSS de Chaudière-Appalaches

« Ma sœur lui avait parlé dans la journée, il allait super bien, il était tanné, comme tout le monde, d’être isolé dans sa chambre, mais il allait très bien. »

—Julie Lévesque, sœur de Jacques Lévesque


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