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Confusion et frustration pour les malades chroniques

Après la confusion sur le port du masque à l’extérieur, le gouvernement a aussi envoyé des signaux contraires pour la vaccination des malades chroniques, qui sont nombreux à exprimer leur frustration.

C’est que depuis le début l’hiver, le gouvernement laissait miroiter aux personnes de 60 ans et moins atteintes de maladies chroniques comme l’obésité, le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires, entre autres, qu’elles seraient vaccinées en priorité. 

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, en a toutefois déçu plusieurs, mercredi dernier, en laissant entendre que ceux dont la maladie est contrôlée seraient plutôt vaccinés avec le reste de la population. 

Ainsi, seuls les malades chroniques hospitalisés et ceux qui sont suivis pour un cancer, ont été greffées ou reçoivent des traitements de dialyse seraient priorisés, d’abord à Montréal. 

Puis jeudi soir, l’approche de la santé publique semblait avoir évolué. « Si vous êtes diabétique, que vous faites de l’hypertension, que vous avez des maladies du cœur, votre pharmacien peut prendre soin de vous et aura des doses pour vous », a précisé Dr Arruda, en anglais. « Ceux qui ne peuvent pas prendre rendez-vous sur Clic Santé n'ont qu'à appeler leur pharmacien », a ajouté le ministre de la Santé, Christian Dubé. 

Mardi, M. Dubé est allé encore plus loin, en annonçant l’ouverture de la vaccination pour les malades chroniques partout au Québec. « Tous les gens qui ont des maladies chroniques [...], d'ici le 31 mai, devraient pouvoir être vaccinés », a-t-il déclaré. Dans un communiqué, il a plus tard été précisé que comme à Montréal, seuls « certains » malades suivis en ambulatoire seraient priorisés.

Frustration 

Sur la page Facebook du ministère de la Santé, les personnes atteintes de maladies chroniques sont nombreuses à se plaindre. 

Nos lecteurs aussi. C’est le cas de Nathalie Godin, de Granby, une maman de 52 ans qui est atteinte d'une maladie auto-immune. Mercredi « serait un beau jour », se disait-elle, croyant qu’elle obtiendrait enfin son rendez-vous après un an d’inquiétude. « Après 3h30 d'attente téléphonique, je me suis fait dire que non, je ne suis pas éligible! [...] C’est une joke? » 

Même déception chez Karyne Boivin, diabétique et qui souffre d’une maladie du rein. « Je téléphone [...] et je me fait répondre que malgré mes maladies, je ne suis pas prioritaire parce que pas hospitalisée. Où est la logique? » 

Lueur d’espoir: davantage de malades chroniques pourraient avoir accès au vaccin lorsque l’opération sera complétée auprès de ceux à très haut risque. « Nous évaluerons avec les pharmaciens la possibilité qu’ils puissent vacciner leur clientèle qui souffre de maladie chronique telles que l’hypertension, le diabète, etc.», a indiqué le porte-parole du ministère de la Santé, Robert Maranda. 

Et contrairement à ce qu’a dit M. Dubé jeudi, « à l’heure actuelle, on demande à ces personnes de ne pas contacter leur pharmacie pour tenter d’obtenir un rendez-vous », a précisé M. Maranda au Journal. 

« Nous comprenons que les personnes atteintes d’une maladie chronique, mais qui ne sont pas dans le groupe 8, ont hâte de recevoir le vaccin. [...] Tous les Québécois qui le désirent se feront vacciner au plus tard le 24 juin », a commenté le cabinet du ministre Dubé.  

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